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Message par Invité le Dim 29 Sep - 13:59



Assise à son bureau, la codirectrice tournait les pages d’un dossier qu’elle examinait avec attention. Il n’était pas dans ses habitudes d’être intrusive, mais ce cas en particulier l’intriguait. Et elle ne pouvait résister à une nouvelle incursion dans les méandres de l’esprit des gens. Qui n’aurait pas compris que quelque chose n’était pas tout à fait normal, quand une Maavich se détournait de la Médicomagie ? Non pas que Junko croyait à ce principe stupide et éculé qui voulait que les enfants suivent absolument les traces de leurs parents. Simplement, la réaction qu’elle avait eue l’année précédente quand elle s’était adressée à elle concernant les savoirs accumulés par sa famille l’avait interpelée. Certes, son frère s’était révélé plein de ressources et enclin à passer du temps en sa compagnie jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite (pas dans ce sens-là, Grayson), mais cela lui avait laissé une étrange impression. Prise par d’autres sujets d’importance, elle n’avait pas, à ce moment-là, souhaité s’aventurer plus en avant sur ce terrain, mais avait noté de se rappeler de fureter dans ce sens et de découvrir ce qui la chiffonnait. Ce fut donc en ce début d’année, alors qu’elle remettait de l‘ordre dans ses carnets, ajoutant des remarques sur ses dossiers étudiants qu’elle s’était penchée de nouveau sur le cas de la jolie Serdaigle. Et ses soupçons s’étaient vite trouvés confirmés : elle s’était intéressée elle-même aux sciences de la guérison avant de s’en détourner l’année précédente, embrassant une carrière internationale. On pourrait penser qu’il s’agissait après tout de a découverte d’une vocation, mais il semblait plus juste à miss Thomas de s’en assurer avant de passer à autre chose. Si elle avait choisi cette voie pour de mauvaises raisons, il n’était peut-être pas encore trop tard pour elle, si elle s’en rendait compte et exprimait le vœu de changer d’option. Peut-être s’était-elle perdue et n’osait-elle plus faire machine arrière. Junko ne comptait pas lui imposer quoi que ce quoi, juste lui offrir une alternative si elle le désirait.

Se levant, elle fit quelques pas dans son bureau. Le rendez-vous n’était que dans cinq minutes mais elle avait voulu avoir toutes les données en main pour être efficace. Son regard se porta sur la cheminée, dépourvu de feu en cette fin de matinée. Outrepasser les limites n’avait jamais été un problème pour elle, mais elle s’interrogeait : était-ce pour ce genre de cas que Dumbledore avait souhaité qu’elle fasse partie de l‘équipe ? On ne pouvait pas dire que les nominations avaient eu la moindre once de sens, à l’exception peut-être de celle d’Adonis, et encore. Le navire n’avait pas coulé et voguait de façon plus qu’acceptable, cependant cela avait remis pas mal de choses en perspective pour cette femme, avide de savoir, de connaissance et de compréhension qui ne prenait jamais le temps ou la peine de revenir sur elle-même. Avec un rictus agacé, elle se détourna pour revenir à sa place. Ce n’était guère le moment de se lancer dans un simulacre d’introspection, elle savait très bien que ce n’était pas son fort et qu’il en était même hors de question. L’important était cette école, ces élèves et leur bien-être et c’était en ce sens qu’elle intervenait. Elle n’avait bien entendu pas pris la peine d’en informer ses collègues, voulant à tout prix éviter une réflexion de Samaël sur les femmes qui ne savaient jamais ce qu’elle voulait et la désapprobation silencieuse d’Adonis. Cela ne servait à rien le temps qu’elle n’était pas certaine de ce qu’elle avançait, elle verrait à prendre les dispositions qui s’imposaient. Croisant les jambes, elle rajusta son chignon avant de darder son regard vers l’horloge. Elle avait encore une minute pour être à l’heure, ce dont elle ne doutait étrangement pas. Elle avait certes paru déconcertée quand elle lui avait annoncé qu’elle voulait la voir dans son bureau, le matin même en passant près de sa table dans la Grande Salle, mais n’avait pas émis la moindre protestation. Elle viendrait. Quant au fait que cela puisse la dérouter, de se faire convoquer sans la moindre explication, cela n’ajouterait que plus à sa spontanéité et à a lecture immédiate que Junko pourrait en faire. Si elle avait pensé à tout dans les moindres détails ? Bien évidemment. C’était de Junko Thomas dont on parlait.


Dernière édition par Junko A. Thomas le Dim 6 Oct - 19:22, édité 1 fois

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Message par Invité le Dim 29 Sep - 18:21

Lea avait levé les yeux de son cours de démocratie, alors qu’elle déjeunait et écoutait d’une oreille distraites les plaintes d’Astrid à propos des plans de son cousin, quand son regard avait croisé celui de la co-directrice de Poudlard. Les cheveux de sa nuque s’étaient hérissés et elle avait avalé de travers, renversée par la surprise de voir une des plus importantes figure de l’école devant elle, qui s’intéressait, justement, à la blonde. Lea n’avait pas été à l’aise et sa voix se bloqua dans sa gorge quand elle voulut décliner l’invitation de madame Thomas. Son objection mourut avant même qu’elle ne puisse la prononcer et la Reine des Glaces était partie aussi vite qu’elle était venue. Autant dire que par après, une inquiétude malsaine s’installa dans les pensées de la Serdaigle. Normalement, elle n’aurait pas du avoir de quoi s’inquiéter. Madame Thomas avait été des plus respectables envers elle, s’était même montrée presque charmante quand elle était venue vers l’étudiante pour être dirigée vers des informations de l’ordre de la médicomagie. Ce n’était pas Lea que Thomas avait cherché, c’était un Maavich. Et Lea, d’un Maavich, elle n’en avait plus que les connaissances à présent tant haïes et le nom. C’était tout. Reniée de la maison, reniée par son père, Lea n’avait jamais été aussi heureuse. Et voilà que l’ombre de la co-directrice planait au-dessus d’elle tel un oiseau de mauvais augure. Lea la fuyait comme la peste et l’idée de devoir être confrontée à la femme la plus puissante de Poudlard ne l’enchantait guère.

La Serdaigle fut presque soulagée quand l’heure du rendez-vous approcha, s’excusant de son cours qu’elle dut quitter plus tôt, qui de toute façon, elle ne suivait que difficilement. Tandis qu’elle s’approchait du deuxième étage, Lea ne pouvait s’empêcher de songer à ce qui l’attendait, ses traits serrés, contrastant à merveille avec l’expression détendue qu’elle arborait en tout temps. Normalement, il n’y aurait pas dû avoir de raison qu’elle s’inquiète : elle ne faisait pas d’activité illégale – ou pas trop – et avait même des bonnes notes – comme d’habitude. Il lui restait donc une seule question qui lui trônait en tête quand elle se trouva devant la porte du bureau de Junko Thomas : pourquoi ? Simple interrogation qui lui faisait souffrir cruellement l’esprit. Elle poussa un dernier soupir avant de frapper à la porte – une minute avant l’heure dite - et d’entrer une fois qu’elle y reçut l’autorisation. C’était la première fois que Lea se rendait dans le bureau de n’importe quel directeur de l’école et elle ne se sentait pas d’humeur à faire le pitre. Elle passa une main dans ses cheveux tandis qu’elle étudiant brièvement les lieux, son regard s’arrêtant sur la large bibliothèque. Elle contempla furtivement le nombre d’ouvrages, se demandant s’il y aurait de quoi nourrir son intérêt là-dedans, avant de se rappeler où elle était et de fixer son regard sur madame Thomas.

Lea n’était pas du genre peureuse, normalement. Mais quand elle entendit les battements de son cœur jusque dans ses tympans, elle dut reconnaitre que c’était plus qu’une boule d’appréhension qui s’était nouée dans son estomac. Elle serra un peu plus son livre sur les affaires magiques et s’approcha. Pile dans la gueule du loup, hein, Lea ? « Bonjour. Hum. Vous vouliez me parler ? » Ah, les joies de la rhétorique et de passer plus bête que ce qu’on était. Lea se gifla mentalement, songeant qu’elle partait déjà perdante de cette entrevue. Elle n’aimait pas Junko Thomas, parce qu’elle s’était intéressée à la médecine magique, à ce que sa famille pouvait avoir, qu’importe quel était l’objet de ses désirs. Et pour ça, Lea serait toujours indéniablement méfiante de la co-directrice. Thomas ne représentait pas une réelle menace aux yeux de Lea, elle ne faisait que rappeler à Lea tout ce qu’elle cherchait à oublier, tout ce qu’elle avait réussi à oublier, et qu’elle ne pouvait chasser. Car un souvenir était facilement effaçable. Madame Thomas, elle, n’était pas quelqu’un qu’on écartait si facilement.

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Message par Invité le Dim 29 Sep - 20:40

Des coups furent frappés à la porte alors que commençait à s’égrener la dernière minute. Un sourire satisfait étira les lèvres de la codirectrice : elle ne s’était absolument pas trompée sur le compte de la jeune fille. Ceci signifiait d’une part qu’elle ne perdait pas la main, ce qui aurait été dommage au milieu de temps de personnes différentes à appréhender et d’autre part qu’elle avait peut-être également vu juste et n’avait pas provoqué cet entretien pour rien. Après tout, son temps était précieux, et celui de miss Maavich également, sans le moindre doute, l‘UFR2 n’était pas à prendre à la légère pour cause de survie à la première année. Entrez. Elle ne se départit pas de son sourire, partie intégrante de sa panoplie de « directrice compréhensive ». Mais il était évident que si cela ne tenait qu’à elle, son expression serait la même que d’ordinaire : figée, de marbre, de glace, peu importait la dénomination utilisée, vous avez compris l’esprit. Dans de pareilles circonstances, elle faisait toutefois une entorse à sa façon d’être. Elle ne souhaitait pas mettre la jeune fille mal à l’aise et elle devait l’être déjà suffisamment.

Cela lui fut confirmé lorsqu’elle passa la porte et la referma derrière elle. C’était quelque part une satisfaction, elle s’assurait ainsi que son aura était intacte. Ce n’était cependant son but, aussi appuya-t-elle le léger sourire qu’elle avait au coin des lèvres pour tenter de la mettre en confiance. Elle n’obtiendrait rien de bon dans un climat tendu, elle en était parfaitement consciente. Aussi décontracta-t-elle légèrement ses épaules et joignit-elle gracieusement ses mains sur le bureau. Bonjour de nouveau, Miss Maavich. Effectivement, je souhaitais m’entretenir avec vous. Elle la jaugea un moment, elle semblait réellement sur la réserve, serrant son livre de cours contre elle. De sa main gauche, elle désigna le siège qui lui faisait face : Je vous en prie, prenez place. Et détendez-vous, vous n’avez aucunement à vous inquiéter. Sa voix s’était légèrement adoucie, présentant quelques accents de chaleur, sans trop en faire, Junko restait Junko. Elle voulait simplement éviter que son étudiante ne fasse une attaque cardiaque ou soit traumatisée par leur entrevue. Encore une chose pour laquelle Grayson l’énervait profondément : lui avait le don pour se mettre tout le monde dans sa poche parce qu’il pouvait être proche des élèves. Elle, non. Ceci dit, elle n’était pas sûre que ce soit une bonne chose. Passons ce sujet.

Se raclant la gorge, elle reporta son attention sur la demoiselle qui lui faisait face. Elle ancra ses prunelles dans les siennes, comme elle le faisait pour chacun de ses interlocuteurs avant de commencer : Je voulais simplement discuter avec vous de votre cursus. Elle rouvrit le dossier et en sortit les notes qu’avait obtenu la jeune fille au cours de l’année précédente : Vos résultats sont honorables, votre engagement également, il n’y a rien à redire à ce niveau-là, je m’interroge seulement, dit-elle en relevant les yeux vers elle, avec le plus grand sérieux, cette formation vous plaît-elle ? Poussant doucement le dossier, elle tourna quelques pages après cette simple question pour constater : Vous n’avez pas semblé vouloir emprunter cette voie, à ce que relate votre dossier sur votre premier cycle. Je me demandais donc si vous aviez été correctement orientée. C’était une question parfaitement correcte et innocente, qu’elle appuya d’un regard profond : Êtes-vous satisfaite de votre cheminement, miss Maavich ?

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Re: [TERMINE] Tell me your troubles and doubts

Message par Invité le Dim 29 Sep - 21:39

Au moins madame Thomas n’avait pas l’intention de manger Lea toute crue, et les paroles qui tentèrent de rassurer un peu l’étudiantes eurent l’effet escompté, apaisant un peu la blonde. Lea serra un peu moins son livre et inspira discrètement. Elle s’installa sur le siège qui lui était proposé, déposant son sac à ses pieds, décidant néanmoins de garder son livre entre ses mains, ça avait pour habitude de la calmer, de manière générale. Elle croisa les jambes, s’installa plus ou moins confortablement, le dos droit et son attention fixée sur la co-directrice. Elle avait appris que Thomas possédait un sens de l’orientation experte, en plus de nourrir un intérêt anthropologique de son entourage. Lea se demanda si elle était en train d’être analysée et à nouveau, comme ce matin, un frisson lui remonta le dos, qui la fit cillé dans son for intérieur. Elle n’aimait pas avoir de mauvais pressentiment, mais la Serdaigle devait bien reconnaitre qu’ici, elle en avait un, qu’importe combien avenante était madame Thomas. « Je voulais simplement discuter avec vous de votre cursus. » Lea haussa un sourcil interrogateur, alors qu’elle décortiquait les paroles de Reine des Glaces. Elle se retint de couper la noiraude et dut se mordre pour retenir ses propos. Les questions sur son cursus n’avaient pas lieu d’être. Elle était en ufr2, s’il y avait eu toute remarque à lui faire, le corps professoral l’aurait fait quand elle s’était inscrite l’année passée.

Puis, ses yeux glissèrent sur le dossier que possédait Junko Thomas et Lea n’eut aucune difficulté à l’identifier. C’était le sien. Rien d’étonnant que la co-directrice ait accès à ces fichiers. Ce qui dérangeait la blonde et lui laissait un goût amer dans le fond de la gorge, c’était la raison pour laquelle la femme en face d’elle s’intéressait à la jeune Maavich. Ici encore, la même question que précédemment remonta à la lisière de son esprit : pourquoi ? Et, une fois encore, elle n’eut pas vraiment de réponse à ceci, qu’une appréhension sournoise. Si l’idée d’un soucis au niveau de ses notes effleura Lea, celle-ci fut vite rejetée par les propos de la co-directrice, ce qui enleva un poids infime des épaules de la Serdaigle. Pour autant, elle n’était pas encore sortie. Pire, elle venait seulement d’entrer dans le bureau de Thomas. « cette formation vous plaît-elle ? » Là, Lea pencha légèrement la tête, une curiosité dans le regard, mêlé à de l’incompréhension. Vraiment ? Revenir là-dessus alors qu’elle était en deuxième année ? Est-ce que madame Thomas s’ennuyait-elle à ce point qu’elle s’attardait sur le cas d’une élève lambda ? « Êtes-vous satisfaite de votre cheminement, miss Maavich ? » Lea ne broncha pas, pas plus qu’elle ne baissa le regard. C’était la première règle, ne jamais rompre le contact visuel, même si cela en coutait à la blonde.

Car elle avait mis le doigt où la directrice voulait en venir. Son changement brusque d’orientation. Elle reprit enfin son souffle, qu’elle avait retenu, sans le savoir. Elle battit un peu des paupières, les mots filtrants, libre de toute volonté. « Pleinement. » Elle laissa planer un bref silence, durant lequel elle enleva les lunettes qu’elle avait toujours sur le bout de son nez  et qu’elle plia, les rangeant dans la poche de sa veste. « Mon changement d’orientation a été parfaitement réfléchis madame Thomas. Ca ne fut pas une décision prise sur un coup de tête. Malheureusement, les Maavich ne quittent pas la discipline familiale aussi facilement et si cela s’était présenté comme une erreur, je ne serais pas en relations internationales aujourd’hui. » Sa voix, étrangement, ne tremblait pas, elle était même presque chaleureuse. Il y avait des sujets que l’on pouvait aborder, à propos de sa famille, qui la rendait toujours aussi nerveuse. Sa décision de quitter l’héritage de sa maison fut la plus difficile, mais celle dont elle était le plus fière. Et sur ce terrain-là, il n’y avait pas de raison qu’elle s’ébranle.  « Puis-je vous demander les raisons d’un tel intérêt, maintenant ? Ce n’est pas à un étudiant de deuxième année que les perspectives scolaires sont discutées, normalement. » Et elle plissa les sourcils légèrement, encore intriguée pour la raison de sa venue ici, ne croyant pas une seule seconde qu’elle était ici pour une raison aussi anodine.

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Re: [TERMINE] Tell me your troubles and doubts

Message par Invité le Lun 30 Sep - 21:53

Elle était vraiment inquiète, quoi qu’elle dise et quoi qu’elle fasse pour a détendre, c’en était quasiment vexant. Cependant il en fallait plus à Junko pour monter sur ses grands chevaux. Après tout, elle l’avait cherché, quelque part. Elle lui reconnaissait un cran certain, elle semblait déterminée à ne pas montrer son malaise et à affronter la situation. Il n’y avait cependant rien à affronter, elle ne comptait pas se montrer désagréable, elle n’était pas un dragon cracheur de feu. Elle avait commençait à voir où elle voulait en venir, cependant, de quoi il en retournait et maintenant allait commencer la phase d’observation. Ramenant ses longs index sous son menton, elle commença à détailler les traits de la jeune fille. Les cartes étaient posées, elle n’avait plus qu’à s’en saisir et jouer. En comprenant son jeu, elle comprendrait ce qu’elle cherchait à comprendre. Elle ne détournait pas les yeux, elle ne les baissait pas, elle passait de la curiosité à … de la résignation ? Elle n’aurait su le dire pour l’instant, elle n’avait plus qu’à attendre ses réponses verbales, qui ne seraient pas longues à venir. Affirmative et catégorique, tenant en un seul mot. Bien. Elle s’était visiblement trompée. Le geste qui suivit, cependant, lui fit croire qu’elle n’avait pas provoqué cet entretien pour rien. Était-ce de la gêne qu’elle tentait de dissimuler ? Bien. Enfin, façon de parler, vous en conviendrez, mais elle n’appréciait pas vraiment avoir tort, c’était une chose à savoir avec la codirectrice (cela n’arrivait d’ailleurs que très rarement, malgré les dires de certains de ses collègues).

La suite le lui confirma d’ailleurs et elle se contenta d’un léger hochement de tête à sa révélation. Ainsi, la jeune miss Maavich avait choisi de dévier du chemin tracé pour elle par ses aînés, au mépris des conséquences. Cela ne faisait qu’ajouter des bons points à son dossier. Brillante et avec du caractère ainsi qu’une forte personnalité. Que les machistes de l’espèce de Lewis se tiennent bien. Les années à venir seraient dominées par des femmes de la trempe de Lea et d’autres qu’elle avait déjà repérées et sur lesquelles elle gardait un œil bienveillant (coucou Astrid). Quittant sa position pour croiser les mains sur le bureau, elle accueillit la question suivante, l’ombre d’un sourire revenue sur ses lèvres (elle s’était composé un visage parfaitement neutre pendant sa confession) et se contenta d’un léger : Je me suis arrêtée devant votre profil alors que je mettais à jouer des dossiers d’étudiants. Le tournant atypique de votre formation m’a rappelé une conversation précédente que nous avions eu et je m’interrogeais simplement sur vos choix et votre bien-être par rapport à ceux-ci. Finissant de remettre de l’ordre dans les papiers, elle poussa la pochette sur le côté en un geste définitif. Elle n’avait plus besoin de cela maintenant que les choses étaient claires, tout du moins en partie. Un autre dirigeant se serait sans doute contenté de laisser là les choses et de renvoyer la Serdaigle à ses chères études mais il s’agissait de Junko Thomas et ce ne serait pas aussi simple. Elle avait en face d’elle une personnalité des plus intéressantes qu’elle souhaitait analyser encore un peu, surtout que cela s’inscrivait au final dans la trame du nouveau livre qu’elle était en train d’ébaucher, parlant d’hérédité et de choix. Cela avait plutôt vocation à parler de vampires et de lycanthropes, mais le parallèle avec les sorciers méritait d’être effectué.

Et elle avait son cas pratique juste sous les yeux, ce qui revenait pour d’autres personnes à se trouver devant un cupcake particulièrement appétissant et coloré, à vous faire saliver à l’idée même du goût qu’elle allait avoir. Elle n’avait cependant pas un visage d’ogre prêt à engloutir l’innocente personne en face d’elle, ni même d’une reporter avide de renseignements. Elle avait retrouvé son expression première, l’impassibilité, agrémentée de temps en temps d’un peu de chaleur, dans le regard et sur les lèvres. Je vois maintenant que mes inquiétudes étaient sans fondement. Si votre voie vous convient effectivement, tout est au mieux. Peut-être, mais il n’était aucunement question d’en rester là. Sauf si bien sûr la difficulté à bifurquer que vous avez évoquée avait des conséquences néfastes sur votre scolarité et votre vie en général. Le bien-être de nos étudiants est au centre de nos préoccupations, assura-t-elle en conclusion, soucieuse de ne pas effrayer son interlocutrice.

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Re: [TERMINE] Tell me your troubles and doubts

Message par Invité le Mar 1 Oct - 12:59

Lea venait de tromper sa peur, de manière infime, en trouvant une réponse qui ne donnait pas l’impression qu’elle allait s’effondrer sur elle-même à la moindre remarque de la part de la co-directrice. Elle relâcha sa prise sur son livre, son pouce caressant distraitement la couverture de sa lecture, tandis qu’elle continuait de soutenir le regard de madame Thomas. Mais elle avait le sentiment que ça ne serait pas suffisant pour obtenir l’autorisation de quitter ce bureau, malgré l’envie qui la rongeait de quitter ce lieu pour retourner à ses cours et loin de la confrontation inévitable où la Reine des Glaces voulait la mener. Lea n’aimait pas ça, car plus les secondes s’égrainaient, plus elle se sentait poussée dans une impasse. Il était évident que Junko Thomas avait une idée derrière la tête, une idée qu’elle n’osait pas deviner, par peur de tomber juste. Mais les faits lui seraient bientôt amenés. « Une conversation précédente que nous avions eu. » Une sueur froide lui lécha l’échine et son regard vacilla un bref instant. Voilà, Madame Thomas avait mis le doigt là où elle ne devait absolument pas le mettre. Lea se mordit la lèvre inférieur, inconsciente de son geste, suivant du regard son dossier qui glissait jusqu’à un coin du bureau. Elle ne savait pas lire les expressions de la co-directrice, car celle-ci les gardait royalement neutres, même si les intentions de cette dernière étaient parfaitement clairs aux yeux de la Serdaigle. Les battements de son cœur s’accélèrent brièvement.

« Sauf si bien sûr la difficulté à bifurquer que vous avez évoquée avait des conséquences néfastes sur votre scolarité et votre vie en général. » Tout lui revint en mémoire, si facilement, les disputes avec son père, les menaces de son grand-père, les tentatives de réconciliation de sa mère. Junko Thomas maitrisait parfaitement l’art oratoire, il n’y avait aucun doute là-dessus. Même si ses paroles étaient des plus rassurantes, Lea n’y payait pas. Elle avait passé assez de temps avec des hypocrites et des grandes pompes pour savoir où ceci la mènerait – non pas qu’elle jugeait madame Thomas d’hypocrite, mais elle reconnaissait les manières employées. Lea aurait pu mentir, oui. Elle aurait pu raconter un bobard, ça aurait été si facile. Même si elle n’excellait pas dans le domaine et que la co-directrice ne serait pas repue pour autant. Ça serait du temps de gagner. « Le bien-être de nos étudiants est au centre de nos préoccupations. » Lea eut un mince sourire et baissa la tête en avant, amusée de ce besoin de précision. Elle n’en doutait pas une seconde que la femme au cœur de pierre, comme elle était si bien décrite dans les couloirs de Poudlard, portait une attention toute particulière à l’épanouissement le plus complet des étudiants (ce serait d’ailleurs un détail qu’elle aurait donné à l’ASM, si elle en faisait toujours partie). Lea n’avait pas envie de mentir, car madame Thomas obtiendrait des réponses facilement, si elle s’intéressait simplement au frère Maavich, ce que Lea voulait éviter.

Elle replaça quelques mèches derrières ses oreilles, reportant son regard sur la co-directrice. Elle semblait fatiguer Lea, elle l’était, un peu. Elle effleurait le nœud de sa vie, le nœud du problème qu’elle ne souhait en aucun cas défaire. Il y avait des secrets chez les Maavich qui ne devaient pas être révélé. Quand bien même Lea n’appréciait pas les techniques de son père et de toutes les générations précédents, elle voulait leur éviter des problèmes, car elle savait que ce par quoi elle était passée allait contre l’éthique. Et bien qu’elle ne voulait plus faire partie de sa famille, elle aurait toujours leur sang, elle s’était fait un devoir de protéger le nom des Maavich, même si elle ne supportait pas ce fardeau. « Vous n’avez pas de souci à vous faire pour ma scolarité, comme l’ont prouvé mes points aux CAM. Quant à ma vie privée, il y a bien entendu eu des conséquences -» elle s’arrêta un moment, elle ne voulait pas reprendre le terme de Junko Thomas, car ces conséquences n’étaient pas néfastes… à l’exception de l’ASM, mais il était trop tard pour cela et elle avait donné sa parole. Elle soupira. « des conséquences que j’aurais préférées éviter. La liberté ne vient pas gratuitement. » Elle haussa les épaules. Pour ça, elle s’était déjà faite une raison. « Et ma situation attire toujours quelques curieux. » Elle ponctua cette phrase d’un sourire mutin. Bien entendu, Lea n’oserait viser personne dans cette pièce... « Avec tout le respect que je vous dois, je vois mal ce que vous pourriez faire pour changer quoi que ce soit à ces conséquences. » Il y avait un peu d’amertume chez Lea. Personne ne lui rendrait son innocence, ni son premier amour, ni sa confiance en soi, ni ses espoirs. Tout avait été écrasé en des morceaux qui ne pouvaient être ramassés. Qu’une sorcière aussi brillante que Thomas s’y intéresse, ou non.

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Re: [TERMINE] Tell me your troubles and doubts

Message par Invité le Mar 1 Oct - 22:49

Elles y étaient. Au nœud du problème, qu’elle avait donc effectivement su déceler. Son regard s’était voilé, juste une fraction de seconde, suffisamment pour repérer la faille et l’identifier. Tout n‘était pas rose dans l‘espèce Maavich, c’était maintenant une certitude. Cependant, il lui semblait que plus le temps passait, plus la jeune fille se trouvait sur la défensive. La perspective de ne pas être là pour un problème concernant sa scolarité ne l’avait pas calmée, bien au contraire. C’était ce qui arrivait de temps à autres quand, par exemple, elle ne demandait pas vraiment son avis à ses sujets d’études avant de les mettre sous le microscope de son esprit. L’angle d’approche n’avait pas été le bon, mais revenir en arrière était trop tard. De toutes les manières, elle avait un avantage évident : Lea ne partirait pas en claquant la porte le temps qu’elle ne lui aurait pas signifié qu’elle pouvait prendre congé, elle était trop bien élevée pour cela. Cependant, si elle voulait garder l’espoir de pouvoir l’interroger une nouvelle fois, voir de la compter au nombre des étudiantes prometteuses qu’elle suivait de plus ou moins près, il allait falloir qu’elle calme le jeu. Aller contre sa nature pouvait sembler une contrainte pour miss Thomas, mais s’adapter à son interlocuteur était avant tout un exercice de style qu’elle appréciait tout particulièrement. Et en l’occurrence, mieux valait changer son fusil d’épaule et partir sur un registre « compatissant » ou tout du moins, empathique.

La laissant donc tranquillement se recentrer et s’exprimer lentement, elle respecta la pause qu’elle marqua. Écouter. En silence. Elle inclina la tête quand elle trouva finalement la formulation qui lui convenait. Le mystère était donc levé, sans entrer dans les détails. L’hérédité était une chose forte, impérieuse, qu’importait l’espèce concernée. Certains écarts ne pouvaient être pardonnés, et la sentence était bien souvent irrévocable. La pique suivant ne passa pas inaperçue et, cette fois-ci, ce fut un fin sourire appréciateur qui ourla les lèvres de la codirectrice alors qu’elle parcourait le visage de la jeune fille, une légère étincelle au fond du regard. Ecartant légèrement les mains pour appuyer les dires de la Serdaigle sur son impuissance face à la situation, miss Thomas admit : Dans l’absolu, il est vrai que je ne peux rien faire en ce sens. M’immiscer dans la vie privée de mes étudiants ne fait pas partie de mes attributions. Je ne sais de plus si une intervention, qu’elle quelle soit, aurait la moindre chance de faire une quelconque différence. La plupart des sorciers avaient, hélas, une vision fort étriquée des choses. Beaucoup de personnes se disaient très ouverts d’esprits, mais ce n‘étaient que de superbes mots, et Junko en particulier pouvait en témoigner, elle qui avait fait couler tant d’encre et causé l’utilisation de tant de salive à propos de ses « frasques ». La moindre atteinte au moule, au modèle, à la norme se trouvait sanctionné et miss Maavich, dans un autre registre, en faisait également les frais. La liberté a effectivement un coût, vous l’avez bien compris. Il est également vrai que celle-ci n’a pas de prix. Qu’importaient les obstacles actuels, elle avait pris la bonne décision même si elle n’en doutait sans doute pas.

Ses longs doigts se mirent en mouvement, martelant lentement et régulièrement le bois de son bureau alors qu’elle laissait un léger silence s’installer. Elle ne pouvait malheureusement retenir la demoiselle indéfiniment dans son bureau, n’ayant guère de motif valable pour cela. Il y avait cependant quelque chose à implanter ici, avec délicatesse et précision, ce qu’elle n’allait pas manquer de faire. N’allez pas croire que miss Thomas agissait ici égoïstement : elle n’avait strictement rien à retirer sur le plan personnel de ce que Lea Maavich ferait ou ne ferait pas, penserait ou ne penserait pas. Pouvait-on parler de sa mission, celle qu’un défunt bien connu et regretté lui avait confiée ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Elle agissait comme bon lui semblait, et par bon entendre « juste ». Me voilà donc rassurée sur vos motivations et sur votre orientation, ce que j’attendais lorsque je vous ai demandé de bien vouloir me rendre visite ce matin. Cette remarque fut assortie d’un léger geste vers le fameux dossier qui trônait au bout du bureau : Vos résultats sont impeccables, votre conduite l’est également, je n’ai pas à me plaindre de vous, bien au contraire. Revenant à la jeune fille, elle se finit par ajouter, après quelques instants de pause : Je profite de votre présence pour vous rappeler que le corps enseignant se tient à votre disposition pour toute interrogation ou tout besoin. Et que le soutien dont vous pourriez avoir besoin vous sera toujours accordé. Le message pouvait-il réellement être plus clair ? Sans doute, mais pour une miss Thomas, cela l’était déjà bien assez.

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Re: [TERMINE] Tell me your troubles and doubts

Message par Invité le Mer 2 Oct - 12:09

Ce n’était que des vérités à moitié dites. Lea avouait que pour arriver à sa situation actuelle, il y avait eu des sacrifices, des conséquences, comme tout acte pouvait en entrainer. Cependant, elle gardait à sa discrétion de préciser la nature de ceux-ci et elle ne jugeait pas que madame Thomas aurait un jour l’exclusivité de connaitre tous les détails de l’histoire de la Serdaigle. D’après Lea, personne ne devait savoir, quand bien même le secret qu’elle défendait était comme du poison dans ses veines. Ceci était du domaine familial et elle ne laisserait jamais le plaisir à ces charognards de la presse de déblatérer les secrets familiaux comme un simple sujet qui se vendait bien. Si ça n’attirait pas les journalistes, elle voulait éviter que ses parents ne descendent de leur piédestal. Elle haïssait son propre sang, mais ce ne serait en aucun cas une raison suffisante pour les démolir. « Je ne sais de plus si une intervention, qu’elle quelle soit, aurait la moindre chance de faire une quelconque différence. » Lea fut soulagée par ces propos. Il n’y aurait pas de curiosité déplacée de la part de la co-directrice et c’était tout ce dont la jeune étudiante avait besoin de savoir. Toujours sur la défensive, elle s’accorda à ne plus craindre une sentence qui ne viendrait pas – oui, Lea craignait une quelconque sanction, aussi impossible fut-ce. Tout ce qui avait un rapport avec son nom laissait Lea en appréhension constante, question de survie.

« Il est également vrai que celle-ci n’a pas de prix. » Lea étudia madame Thomas un bref instant, avant de hocher la tête, approuvant les propos de la Reine des Glaces. Certains choses dans ce bas monde méritait tous les sacrifices, aussi pénibles soient-ils. Lea ignorait les évènements de la vie de Junko Thomas, mais il était évident qu’elle n’avait pas acquis cette conviction en la lisant dans un livre – c’était le genre de savoir que l’on s’appropriait au moyen de l’expérience. Le bureau tomba dans un silence léger, que Lea ne se sentait pas d’interrompre. Elle n’avait plus rien à dire, et moins elle en disait, mieux elle se portait. Elle attendit donc sagement, ne détournant toujours pas son regard de la co-directrice, qui finit par parler. « Vos résultats sont impeccables, votre conduite l’est également, je n’ai pas à me plaindre de vous, bien au contraire. » Venant de l’une des dirigeantes de Poudlard, tout élève aurait rougi et si une satisfaction fugace fut relevée par la conscience de Lea, il n’y eut rien d’autre. Bien entendu qu’elle était une bonne élève, elle le savait. Elle faisait tout pour que cela en soit ainsi, pour qu’aucun reproche ne lui soit fait par après. Si elle s’était battue pour obtenir le droit de suivre le cycle d’étude qu’elle voulait, ce n’était nullement une raison pour se reposer sur ses lauriers. La considération que lui portait madame Thomas sur le moment ne lui apporterait rien de particulier. Lea travaillait pour obtenir sa propre satisfaction, celle à laquelle elle avait été habituée par de longues années d’éducation. Elle ne cherchait nullement la gloire offerte par les autres. C’est pour cela qu’elle ne dit rien. Parce qu’elle savait que si elle était une bonne élève, il n’y avait que ça qui méritait d’être félicitée. Lea resterait une constante insatisfaite, elle avait conscience de ses propres lacunes, qu’elle jugeait trop nombreuses, même si elle prêtait un soin tout particulier à ne pas s’arrêter trop souvent sur ceux-ci.

« Je profite de votre présence pour vous rappeler que le corps enseignant se tient à votre disposition pour toute interrogation ou tout besoin. Et que le soutien dont vous pourriez avoir besoin vous sera toujours accordé. » Lea se retint de se mordre le pouce, à la place, elle fit glisser ses doigts sur la couverture du livre qu’elle tenait. Serait-ce une main tendue ? C’était… inattendu. Elle n’avait pas envisagé recevoir ce genre de soutien en venant ici en premier lieu. Elle devait reconnaitre qu’elle était largement plus détendue qu’il y quelques minutes, bien que son cerveau fonctionnait toujours pour déceler un quelconque piège – qu’il n’y avait pas lieu d’être, mais la méfiance n’avait jamais tué personne. Elle plissa un peu les yeux, un instant infime, considérant les propos de la co-directrice, avant de la juger honnête. « Je ne l’oublierai pas. » Bien qu’elle ne savait pas réellement ce qu’elle pourrait faire d’une telle proposition. Lea s’était toujours reposée sur elle-même, elle ne voulait pas encombré ses amis de ses problèmes, dont elle ne pouvait pas parler. S’en retourner à Junko Thomas pouvait être une solution. Quoiqu’il en soit, Lea devrait y réfléchir, si jamais elle devait un jour se reposer d’une quelconque manière sur la co-directrice.

Son regard glissa sur la fine montre qui ornait son poignet et décida qu’il était temps pour elle de partir, ne ressentant plus le devoir formel d’attendre de recevoir une autorisation de la part de madame Thomas, elle venait de l’obtenir implicitement. « Je vous remercie pour l’intérêt que vous m’avez porté. » Ce n’était pas tout à fait vrai, mais les conventions voulaient qu’elle s’exprime ainsi. Et, après tout, elle s’en sortait en meilleure position que ce qu’elle n’avait appréhendé. « Bien que je craigne que vous n’en ayez pas terminé avec moi. » L’instinct Lea, toujours fonctionné sur l’instinct. Elle se pencha pour ramasser son sac avant de se relever. « Soit. » La Serdaigle devait encore déterminer, ici aussi, si c’était une bonne ou une mauvaise chose. Elle irait probablement toucher un mot ou deux à Thomas, pour savoir quel avait été l’objet premier de l’intérêt de madame Thomas, dans ses recherches médicales. Creuser le problème. Elle avait entendu que l’ancienne étudiante de Salem avait écrit quelques livres, il serait peut-être bon de s’y intéresser également. « Je vous souhaite une bonne après-midi. »

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Re: [TERMINE] Tell me your troubles and doubts

Message par Invité le Dim 6 Oct - 10:44

L’entretien touchait à sa fin. Loin de déplorer cet état de fait, Junko Thomas se félicitait au contraire du déroulement de celui-ci. Il n’y avait pas grand-chose à en retirer, d’un point de vue extérieur. Après tout, n’avait-elle pas simplement eu la confirmation de ce dont elle se doutait déjà ? Elle ne semblait en aucun cas être le genre de femmes qui se demandait sans cesse si elle n’avait pas commis une erreur de jugement : cela n’arrivait jamais, ou si rarement que cela ne valait même pas la peine que l’on s’attarde sur la question. Il y avait évidemment plus que ça. Elle ne savait pas encore quelle forme donner au projet qui se profilait, se dessinait dans la brume des futurs possibles, mais il était important pour elle de parvenir à avoir le plus de cartes en main avant de se lancer. Il lui semblait sentir le poids du regard de Dumbledore, sur sa nuque. Tu m’as mise dans cette position, vieux fou, pensa-t-elle affectueusement, laisse-moi faire comme je l’entends. Elle se demandait parfois si c’était ce qu’il avait cherché en constituant son équipe, s’il avait une bonne image de ce que cela pourrait donner et qu’il avait tout prévu dans les moindres détails ou si, au contraire, il avait pris le pari que cela fonctionnerait en jouant sur le patchwork coloré de leurs caractères et vécus. Les voies de ce sieur avaient toujours été impénétrables, même pour l’esprit sagace de la codirectrice et ce n’était pas maintenant qu’elle allait parvenir à le sonder. Pourtant, s’il y avait une personne qu’elle voulait satisfaire par son travail, c’était bien feu ce curieux personnage.

C’étaient bien ses mots qui semblaient avoir fait mouche, promettant soutien à tout étudiant se trouvant entre les murs de Poudlard, alors elle espérait au moins lui avoir rendu hommage de la sorte. L’étonnement fut palpable sans être éminemment visible mais cela était à prévoir. Elle connaissait les surnoms que lui donnaient les étudiants derrière son dos, et que la Reine des Glaces tende la main de la sorte n’était pas anodin. Toujours cette histoire d’image, de distance, il n’en restait pas moins qu’elle n’était pas là pour gérer de la paperasse, mais bel et bien pour encadrer des personnes. Le coup d’œil à la montre sonna le glas de leur entretien et miss Thomas se rendit, décroisant les jambes pour les croiser aussitôt dans l’autre sens et attraper un carnet de cuir noir, négligemment posé sur le bureau, dans lequel elle allait immédiatement consigner les détails de cette entrevue. La messe était dite, mais l’étudiante la surprit encore avant de tirer sa révérence. Restant silencieuse alors qu’elle se baissait pour récupérer ses affaires, elle la laissa se redresser pour capturer une dernière fois son regard : Une excellente fin de journée à vous aussi, miss Maavich. Dans un geste parfaitement calculé, elle se saisit de son calepin et d’un stylo, qu’elle préférait aux plumes et feignit de passer entièrement à autre chose. Ce ne fut que lorsque la demoiselle se leva et commença à se diriger vers la sortie qu’elle se permit de noter : J’espère que vos craintes se dissiperont cependant avec le temps. Ses prunelles se relevèrent brièvement et l’ombre d’un sourire passa sur ses lèvres : Il n’est pas dans mes intentions de rendre votre existence encore plus compliquée. Bien au contraire. Ses longs doigts desserrèrent leur emprise sur le crayon une fraction de seconde pour venir effleurer son menton. Je ne vous retiens pas plus, que vous ayez le temps de déjeuner avant la reprise des cours. Au revoir donc. Et de baisser la tête de nouveau. Cette fois-ci, c’était en effet fini. Libre à elle de s’affoler ou non de l’intérêt que la codirectrice avait pour elle. Celle-ci n’était pas une adepte de la langue de bois, même si d’aucuns diraient sans doute qu’elle s’exprimait de manière fort énigmatique. Il n’y avait plus qu’à attendre. Elle-même le devait, de nombreuses questions restaient en suspens. Mais ce serait pour un autre jour, une autre fois. Une autre rencontre, différente. À laquelle elle avait, évidemment, déjà pensé. Trois coups d’avance. Comme aux échecs. Toujours.

{ Ended.

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