What is it that you don't understand in "no" ? - Ft. Grayson

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What is it that you don't understand in "no" ? - Ft. Grayson

Message par Invité le Sam 28 Sep - 22:49



L'obscurité s'était déjà glissée sur le château quand Junko prit la direction de son bureau, ce soir-là. Elle avait quelques notes à remettre à jour avant de s'étendre sur son lit pour un sommeil profond mérité. Depuis qu'elle avait accepté ce poste de co-directrice, cumulant avec celui de directrice d'UFR et de professeur, elle enchaînait les heures d'une traite pour finalement se rendre compte, le soir venu, qu'il n'y avait plus pour elle qu'à se glisser entre les bras de Morphée, pour sombrer et ne se réveiller que le lendemain. Ce constat lui laissait un goût amer au fond de la gorge, parfois, se rendant compte qu'elle s'enfonçait lentement mais sûrement dans une routine qui tournait de façon huilée, mécanique, maîtrisée, chose qu'elle n'avait jamais désirée. Cependant, elle n'avait pas encore fui. Elle n'avait pas profité des ombres que rassemblaient la nuit pour se glisser hors du château et ne jamais en revenir, comme elle n'avait pourtant pas hésité à le faire dans le passé. C'était que cela commençait à lui convenir, et cela éveillait un certain nombre de questions en elle, de questions sur elle. Et elle n'avait jamais apprécié cela. Elle s'interrogeait de façon continuelle sur le monde, les choses, les gens, leurs habitudes, leurs sentiments, mais elle se tenait bien à l'écart du cadre de ses études. Elle vivait donc, simplement, pour l'instant, hantant les couloirs de Poudlard de son pas aérien, mais décidé. Vu l'heure avancée, elle ne croiserait sans doute personne, et n'en avait guère envie.

Elle sortait de deux heures de retenue avec quatre étudiants qui s'étaient montrés particulièrement insupportables. Imperturbable, elle s'était contentée de prendre quantité de notes en relevant de temps en temps un regard perçant vers eux, et les avait laissés, avant de leur signifier que leur présence serait requise de nouveau la semaine qui suivait, et qu'il en serait de même jusqu'à ce que leurs différents soient apaisés, et qu'ils aient une tenue, un langage et une attitude corrects et respectueux. Ils étaient partis sans demander leur reste, et elle les avait suivis du regard jusqu'à ce qu'ils disparaissent au détour d'un couloir, avant de remettre de l'ordre dans la salle d'un coup de baguette et d'en fermer soigneusement la porte. Elle se méfiait des idées que pourraient avoir les étudiants concernant des plaisanteries à mettre en place ou des pièges à tendre à leurs professeurs dans la salle de retenue. Le sacrilège suprême. L'ultime transgression. Les étudiants étaient tellement prévisibles, quand on y réfléchissait bien. Certains avaient une personnalité un peu plus complexe que d'autres, lui donnaient plus de fil à retordre, mais dans l'ensemble, elle impressionnait toujours autant par ce que certains aimaient à appeler son troisième oeil ou son sixième sens. Elle avait toujours deux à cinq coups d'avance sur ses interlocuteurs, réduisait n'importe qui au silence d'une parole, d'un geste, d'un regard toujours parfaitement mesurés. La reine du contrôle absolu, de la maîtrise parfaite. Et elle s'en félicitait, sans en tirer une fierté démesurée cependant. Il s'agissait de travail, non de don inné, et elle devait toujours l'améliorer, progresser car malheureusement, elle n'était pas encore infaillible. Sinon, elle aurait sans doute senti ce qui se préparait, et ne serait pas revenue si calmement vers ses appartements. Peut-être les aurait-elle même évités, ou aurait-elle pris un chemin détourné, aurait-elle usé de ruse … ou sans doute pas. Car Junko n'était pas au final, pas femme à fuir un adversaire. S'il lui arrivait de prendre la tangente, ce n'était jamais par crainte d'affronter quelqu'un, mais plutôt par lassitude. Quoique cette appellation aurait pu s'appliquer dans le cas présent également.

Ne se doutant pas le moins du monde de ces complications qui l'attendaient, elle arrivait donc en vue de son bureau. Posant une main sur sa nuque, elle la fit jouer, faisant pivoter sa tête. Elle imaginait déjà le verre de bourbon qu'elle allait se servir en regagnant son bureau, la façon dont elle s'assiérait sur le bord du meuble pour consulter les notes de la journée, et trier le courrier directorial qui serait encore arrivé entre-temps, avant de tout archiver, rédiger des notes sans doute à l'aide d'un nouveau verre, et finalement prendre la direction de son lit et s'y allonger, enfin. Elle avait tout prévu, sauf l'imprévisible. Mais elle aurait dû le voir venir. Ce fut ce qui traversa son esprit quand, arrivant en vue de la porte de son office, elle distingua une silhouette qui se dessinait sur le battant en bois, projetée en ombre chinoise par la lumière de la lune. Un léger soupir se fraya un chemin à travers ses lèvres.

Encore ...

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Message par Grayson E. Morgan le Dim 29 Sep - 18:37

Une heure tardive, suffisament pour que l'on s'étonne de croiser encore Grayson Morgan dans les couloirs de Poudlard, lui qui préférait largement la compagnie d'un verre de brandy, la fin de la journée venue, à celle de ses étudiants pourtant fort sympathiques, adorables et tout ce que vous voudrez. Si les deux avaient le don prodigieux de le saouler à long terme, le premier avait au moins l'avantage de pouvoir être partagé et de savoir se taire. Le professeur de sociologie avait pourtant trainé sa grande silhouette jusqu'au bureau de sa supérieure et collègue, après l'avoir saoulée de paroles et d'invitation en début de semaine et une bonne partie du week-end, il était grand temps de passer aux travaux pratiques. Enfin. Hum. Bref. Bouteille de Whisky trente ans d'âge vieilli au fond d'un tonneau en bois de hêtre à la main, verres dans l'autre, le lycan s'était posé à l'embrasure de la porte, attendant avec grande impatience son invitée du soir. Bon, ceeertes, c'était lui qui s'invitait dans son bureau. Et certes, il lui forçait un peu la main, et la soupçonnerait probablement d'accepter pour se débarrasser dans les jours à venir. Néanmoins... Il apportait la bouteille, élément essentiel de la soirée. Et Junko Thomas disait difficilement non à une bonne bouteille. Ils étaient quittes, dans son petit cerveau de chien mouillé.

La nuit avait progressivement étendu ses ombres dans le couloir et Grayson attendait toujours. Il aurait peut-être dû s'y attendre, la Thomas était, de son point de vue, une mémé coincée et boulimique de travail doublée d'une mégère râleuse. Mais suffisamment atypique pour que le professeur la considère avec plus d'attention… Oui, non, booon, avouons-le, la seule chose (ou presque) qui intéressait Grayson chez Junko, outre le plaisir évident qu’il retirait à chaque fois qu’elle lui jetait un regard agacé et la vive intelligence dont elle faisait preuve (Son physique plus qu'attirant, ses yeux bl-... BREF !), était ce jeu, ce fameux jeu unilatéral, puisque ça n'avait l'air d'amuser que la partie à testostérone, qu'il avait instauré depuis l'an passé. Si Junko s'était jetée dans ses bras dès qu'il l'avait rencontré, si elle n'avait pas joué les chevaux sauvages, Grayson s'en serait désitéressé autrement plus vite. Sauf qu'elle restait là, baladant sa gracile silhouette dans tout Poudlard, provoquant ses hormones, ses instincts et chaque muscle de son corps, menant le plus souvent à un sourire stupidement niais, annonciateur d'invitation imminente ou de proposition grivoise.

Adossé au montant de la porte, la bouteille pendant lamentablement au bout de son bras, le lycan en était venu à penser qu'elle ne viendrait jamais. Elle devait dormir dehors. Ailleurs. Dans un cercueil, probablement. Ou dans un arbre. Il avait essayé toutes les pauses possibles et imaginables pour patienter. L'homme mystérieux, le regard sombre, quelques mèches balayant son front, assombrissant son regard ambré. Le détendu, affalé contre le mur, sifflotant tout et n'importe quoi pour passer le temps (Quelques chansons paillardes, en fait UU). Puis les heures s'écoulant, c'est le Grayson à moitié comateux qui l'avait emporté, devant le Grayson sexy. Tout son corps s'était finalement écroulé contre le battant de la porte, l'oeil vif et alerte qu'il avait posé sur le couloir en attendant la venue de sa collègue s'était éteint, plongeant délicieusement dans quelques micro-sommeils. Puis quelques pas avaient atteint ses oreilles, éveillant progressivement son être, une odeur bien connue avait flotté dans l'air et Grayson s'était éveillé brusquement.
▬ HA
Ses yeux croisèrent finalement ceux de Junko (Les yeux du haut, oui --') et la surprise lui fit lâcher les deux verres qui se brisèrent sur le sol, éveillant les tableaux endormis. Grayson fit naviguer son regard entre la catastrophe du soir, sa conquête qui ne l'était pas et les tableaux agacés. Il haussa finalement les épaules, agitant la bouteille sous le nez de sa supérieure.
▬ Bonsoir Junko. Il semble qu'on va devoir boire à la bouteille. Whisky ?
Et non, ce n'était une tentative de baiser indirect. FAUX ! Nouveau regard. Sourire en coin.
▬ Tu m'invites à entrer ? Enfin, cela dit, c'est pas le manque d'invitation qui m'empêchera de poser un pied dans tes appartements. Mais j'ai toujours des manières, quoi que tu en penses.
Oui, Grayson. Bien sûr.
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Re: What is it that you don't understand in "no" ? - Ft. Grayson

Message par Invité le Dim 29 Sep - 18:40

HA

Etait-il humain, ou même lycanthrope de pouvoir énerver quelqu'un à ce point avec une simple onomatopée ? Il semblerait que ce soit effectivement le cas. En tous cas, il était le seul de cette espèce (entendre par là trouble-calme, impertinent et plus qu'agaçant même bouche fermée) à la connaissance de Junko. Elle continua d'avancer, impassible, comme si rien ne pouvait troubler sa marche vers un repos bien mérité. Comme si cela était le cas. Elle était déjà fatiguée par sa présence et par la joute verbale qui allait suivre. Elle n'avait pas envie de se battre avec lui ce soir encore, et elle rêvait simplement d'un tête-à-tête avec son verre, puis avec son oreiller. Malheureusement, il semblerait qu'il ait décidé de se glisser dans ce fantasme pour le faire sien, même si la co-directrice n'avait aucune envie de connaître les détails qui peupleraient celui-ci, même si elle en avait une excellente idée. Il n'avait pas arrêté de la suivre, toute la semaine, pour se rappeler à son bon souvenir, pour la rentrée, étant donné qu'ils ne s'étaient pas vus des vacances, ils avaient tellement de temps à rattraper, ce genre d'idioties qui lui faisaient lever un sourcil, ou les yeux au ciel au bout de la vingtième fois. Elle avait rencontré des personnes persévérantes, au cours de ses nombreux entretiens, mais avec ce degré d'entêtement, cet esprit borné et en ce sens, stupide, rarement, pour ne pas dire jamais. Et même si elle s'en serait passé avec plaisir, le destin avait décidé de le placer sur sa route. Encore.

Bonsoir Junko. Il semble qu'on va devoir boire à la bouteille. Whisky ? Il s'était redressé de sa position, avachi qu'il était contre le panneau de bois de sa porte. L'image typique de ce loup à mi-chemin entre le louveteau de quelques mois, complètement fou et joueur, le jeune mâle plein d'hormones ne sachant pas quoi en faire et reniflant de tous côtés, et parfois, elle devait bien le reconnaître, le meneur de meute qui savait quelle décision prendre. Un mélange qui lui donnait bien souvent des migraines insupportables, principalement causées par son incapacité à se taire quand elle était dans les parages. Bonsoir Grayson. Je te rappelle qu'en dehors d'être proche de la sangsue par ta forte capacité à vampiriser les gens, tu es également un sorcier, avec une baguette. Elle sentait déjà le commentaire grivois pointer le bout de son nez, et s'en voulut quelques secondes de lui avoir tendu cette perche, le temps pour elle de sortir sa baguette et de réparer les verres d'une arabesque. C'était le souci, avec cet homme. Il lui fallait réfléchir à chaque mot employé pour vérifier qu'il n'y avait aucun double sens donnant lieu à une nouvelle tentative de parade nuptiale, et ce n'était pas un exercice avec lequel elle était au final si familière. Elle recula très légèrement pour éviter de se prendre un coup de bouteille sur le nez, et ignora tant le dérapage que l'étiquette de la bouteille, laissant présager sans doute un excellent nectar. Mais ce n'était pas la question, malheureusement.

Tu m'invites à entrer ? Enfin, cela dit, c'est pas le manque d'invitation qui m'empêchera de poser un pied dans tes appartements. Mais j'ai toujours des manières, quoi que tu en penses. La question, le problème pour parler correctement, était là, en réalité. Qu'il allait tout faire pour ne pas la lâcher, alors qu'elle n'en avait aucunement envie. Effectivement, son offre paraissait tentante, pour goûter au whisky, bien évidemment, mais ce n'était pas comme s'il lui laissait le choix. En même temps, elle était lasse, elle devait bien l'avouer, de devoir le repousser chaque fois un peu plus fort, et que le seul effet notable était qu'il revenait avec encore plus d'insistance. Elle ne savait plus exactement comment gérer le « problème Grayson ». A ce jour, elle avait usé de chaque méthode qu'elle connaissait et lui semblait applicable pour ce genre de problème. Elle l'avait tout d'abord superbement ignoré, mais parlant pour deux, cela n'était pas d'une grande utilité, avant d'essayer la froideur, le sadisme, le cynisme, la pitié même, mais rien, rien ne l'avait découragé. Il était … irritant à force de persévérance. Et cela commençait à réellement poser problème. Il allait entrer, de toutes les manières, quoi qu'elle dise ou fasse. Elle se pencha pour ramasser les verres, étudiant judicieusement la manière de le faire pour qu'aucune partie de son corps n'entre en contact avec lui, qu'il ne se fasse pas d'idées et n'en profite pour la toucher. Se redressant, elle répondit: Entrer dans les appartements d'une dame contre son gré n'a rien de civilisé. Donc si tu entres, tu ne l'es définitivement pas. Sur ces mots, elle passa devant lui, bien trop près à son goût, mais elle n'avait pas vraiment le choix. Tête et dos parfaitement droits, elle ouvrit la porte, et entra dans la pièce. Ce ne fut qu'arrivée à son bureau qu'elle se rendit compte qu'elle avait les deux verres à la main. Soupirant, elle les posa sur le bois. Elle l'avait invité à entrer, sans le vouloir. Il l'agaçait vraiment à un point inimaginable ...

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Re: What is it that you don't understand in "no" ? - Ft. Grayson

Message par Grayson E. Morgan le Dim 6 Oct - 2:14

Être agaçant était un sport a part entière qu'il fallait cultiver régulièrement et il se trouvait que Junko Thomas était un parfait sujet d'entraînement. Grayson ne se lassait que très peu de la voir froncer le nez avec un agacement plus que palpable, imaginant avec un certain plaisir les mécanismes de son cerveau tourner à plein régime pour ne pas le transformer en vieux scroutt à pétard. Alors forcément, il en aurait presque laissé échapper un petit gloussement amusé lorsque les verres s'étaient écrasés sur le le marbre avec un fracas assourdissant pour le silence qui avait régné jusque là. Et forcément, comme d'habitude, il avait trouvé une bonne raison et une éventuelle utilité à toute chose. Ce qui n'était manifestement pas du goût de la Directrice.
▬ Bonsoir Grayson. Je te rappelle qu'en dehors d'être proche de la sangsue par ta forte capacité à vampiriser les gens, tu es également un sorcier, avec une baguette. Répliqua-t-elle, faisant naître un sourire plus qu'équivoque aux coins des lèvres de l'Anglais qui ne répliqua pas, laissant parler son langage corporel (chacun interprètera ceci à sa guise (a)).
Le lycan laissa échapper un léger soupir teinté de déception en la voyant jouer de sa propre baguette pour réparer les verres. Lui qui se voyait déjà partager une bouteille et boire au goulot comme deux cow-boy s'embrassant à distance, Brokeback Moutain-style, c'était râpé. Mais il aurait dû s'en douter, Thomas ne se laissait jamais faire si facilement, en témoignait leur échange lors de leur toute première rencontre. Elle n'avait pas cédé, malgré les avances insistantes et Merlin sait que beaucoup d'autres femmes s'étaient laissées prendre au je... Grayson, les chevilles ? Tranquille.
En vérité, les conquêtes du lycan se faisaient rares. Crise de la quarantaine, probablement. Et beaucoup, mais alors beaucoup d'autres chats à fouetter. Ce qui, forcément, ne lui avait pas laissé énormément le loisir d'aller papillonner dans tous les bars de Londres avec sa gueule de jeune premier croisé avec une patate. L'année précédente avait certes été relativement calme pour une première fois, ça ne l'avait pas empêché de ressentir durement le poids de ses responsabilités. Et Grayson n'aimait pas les responsabilités. Elles lui donnaient des boutons et surtout, il ne savait qu'en faire. Il avait déjà eu du mal à s'occuper de lui-même durant les vingt dernières années alors prendre en charge le futur des autres, ça n'était qu'une idée abstraite qui le terrifiait probablement plus que sa mère et les repas familiaux du dimanche. Seulement, Grayson aimait les gens et leur émulsion, les interactions qui en ressortaient et c'était probablement ce qui l'avait poussé à revenir cette année encore. Le cas échéant, il se serait probablement barré en courant et en hurlant en Andalousie pour échapper aux idées de vieux sénile de Dumbledore.
Mais il apprenait. Un peu. Lentement.
Ca lui arracherait presque la bouche de l'admettre mais il enviait légèrement ses collègues pour leur maturité. Et il admirait légèrement Junko pour tout ce qu'elle faisait, avait fait et ferait probablement plus tard à son âge. Mais chut.
Il préférait continuer à l'observer d'un air de mort de faim, un sourire crâne dévoilant toutes ses dents.

L'observant se baisser pour ramasser les verres, le lycan se laissa aller à pousser un soupir songeur. En bon boulimique social obstiné, il n'acceptait nulle reddition et qu'elle le veuille ou non, elle partagerait un verre avec lui, foi de Grayson.
▬ Entrer dans les appartements d'une dame contre son gré n'a rien de civilisé. Donc si tu entres, tu ne l'es définitivement pas.
Encore une fois, il lui sourit, bêtement, haussant les épaules et se contentant d'agiter sa bouteille de whisky vieilli en fût dans les highlands.
▬ Les civilités sont affaires de perspectives, Junko. Je suis sûr qu'au fond de toi, tu m'acceptes dans tes appartements.
Elle lui passa devant, son odeur éveilla les sens du lycan qui songea qu'il devait être fichtrement difficile pour Adonis de se contrôler même après toutes ces années, remontant quelque peu le vampire dans son estime.
Il la suivit attentivement du regard, compta jusqu'à trois et pénétra tranquillement dans son bureau, un air goguenard éclairant son visage à la vue des deux verres déposés sur le bois massif.
▬ Je prends ça pour une invitation tacite. Déclara-t-il en fermant la porte derrière lui, histoire d'enfoncer le clou de sa première victoire non sans avoir esquissé quelques pas de danse victorieux, espérant que Junko ne l'ait pas aperçu du coin de l'oeil.
Un an qu'il attendait de pouvoir discuter. Un an qu'il essayait de créer des liens, bons ou mauvais. Il n'allait certainement pas laisser tomber en si bonne voie.
S'installant comme chez lui, il attrapa les deux verres d'une main et déboucha la bouteille avec les dents, gloussant comme un gamin.
▬ Je chais, ch'est dégueulache mais ch'ai touchours rêvé de faire comme les pirates. Marmonna vaguement le lycan en guise d'excuses avant de lui tendre un verre avec des glaçons et de s'affaler sur un fauteuil qu'il avait préalablement tiré d'un coin de la pièce. J'espère que le Feng Shui c'est pas ton truc parce que j'avoue avoir cassé un peut toute l'harmonie de la pièce.
Etirant ses muscles fatigués par une journée trop tendue, Grayson bailla discrètement et fixa ses prunelles noisette sur la directrice.
▬ Tu vois que je ne suis pas si terrible, une fois dans ton bureau. Je ne vais certainement pas te dévorer. En revanche, j'ai beaucoup plus peur que tu sortes un couteau en argent et que tu commences à me disséquer. Plaisanta le lycan en faisant jouer les glaçons dans le fond de son verre. La question est donc... Pourquoi ? Pourquoi avoir attendu un an ? Oui bon, ceeertes, il était fort probable qu'elle aurait attendu encore vingt ans de plus si elle avait pu. Mais maintenant qu'il était là, elle n'avait plus vraiment le choix.
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Grayson E. Morgan
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Re: What is it that you don't understand in "no" ? - Ft. Grayson

Message par Invité le Dim 6 Oct - 13:36

D’aucuns auraient sans doute hurlé à la Lune pour exprimer leur désespoir, Junko, elle, se contenta de baisser la tête en fermant les yeux, ses doigts se pressant contre le bois de son bureau. Je prends ça pour une invitation tacite. Évidemment. Le bruit de la porte se refermant scella sa défaite pour cette partie de la manche, et quelle défaite ! Cela faisait un an qu’elle s’évertuait à faire en sorte que cette scène ne se produise pas. Leur première rencontre avait été suffisamment riche en détails divers et variés pour qu’elle comprenne à quoi s’exposer si elle se retrouvait de nouveau en tête-à-tête avec le lycanthrope. Ce n’était pas exactement la première fois depuis qu’ils étaient en poste, il s’était débrouillé une ou deux fois pour qu’ils soient seuls dans un couloir, après le repas de Noël de l’année précédente, notamment, où il lui avait dit qu’il ne serait pas contre un petit cadeau ou encore aux alentours du jour de l’an où il avait tant bien que mal tenté de l’attirer sous la branche de gui. Autant d’attentions qui avaient exaspéré Junko au plus haut point. Si une part d’elle-même trouvait ce manège amusant ? Probablement. Mais celle-ci se faisait museler en lui rappelant quelles étaient leurs positions respectives et quelle était sa nouvelle politique. Remettre ce mélange incertain de louveteau et d’homme mûr en place était donc tout à fait naturel, même si cela l’épuisait. Il n’avait pas tort quand il disait qu’au fond d’elle, elle avait envie qu’il entre. Simplement, elle pensait elle au nectar qu’il tenait entre ses mains et lui, à des douceurs toutes différentes auxquelles il avait dû réfléchir, en un an à attendre. Tout étant sujet à invitation tacite pour toi, je ne me battrais par sur ce point. Reconnaître la défaite avait un goût amer, mais qu’il ne s’imagine pas qu’il avait remporté la bataille. Elle se redressa et se retourna, son fessier en appui contre son bureau, pour lui faire face. Merlin, qu’il était tard pour jouer à ce jeu.

Il commençait déjà à se comporter comme s’il était en terrain conquis, déplaçant son mobilier et ouvrant le whisky en se croyant dans une taverne d’un autre temps. Je chais, ch'est dégueulache mais ch'ai touchours rêvé de faire comme les pirates. N’avait-il pas juste l’air d’un enfant de cinq ans ? Tu as au moins eu la décence de ne pas omettre de te laver pendant deux mois pour leur ressembler totalement, nota-t-elle avec sa pointe de cynisme habituelle. Cela n’amenait rien de constructif à la discussion mais on ne pouvait pas dire que cela était le but de la soirée à venir. De plus, il était à noter que l’échec la rendait souvent grinçante, donc on ne pouvait pour l’instant s’attendre à autre chose d’elle que des répliques cinglantes, si toutefois elle consentait à un moment donné à lui servir autre chose. Elle laissa de côté ses réflexions sur l’aménagement de l’espace pour se concentrer sur la chose intéressante : le whisky. Junko était pleinement consciente de son léger problème concernant les boissons alcoolisées. Mais à respirer l’arôme délicieux de ce qu’elle avait dans son verre, elle ne s’en sentait nullement coupable. Peut-être cela rendrait-il ce moment au moins supportable ? En réalité, elle se savait injuste. Il y avait pas mal de choses qu’elle appréciait chez son collègue, le problème était qu’il ne lui servait que ce qu’elle ne supportait pas dans ce genre de situations, lui faisant oublier qu’il était son aîné de quelques années. Se concentrer sur le parfum ambré qui lui chatouillait les narines.

Tu vois que je ne suis pas si terrible, une fois dans ton bureau. Je ne vais certainement pas te dévorer. En revanche, j'ai beaucoup plus peur que tu sortes un couteau en argent et que tu commences à me disséquer. Ne me tente pas, murmura-t-elle avant de rouvrir les yeux pour le considérer un moment. Il était vrai que son coupe-papier était en argent, mais elle n’avait aucune intention de s’en servir contre lui, la violence n’était pas une méthode qu’elle souhaitait expérimenter pour voir si cela le faisait lâcher prise. Elle n’était même pas certaine que cela le décourage, après tout, il devait aimer qu’on lui résiste voire qu’on lui fasse mal pour se montrer aussi insistant. Cependant, il n’avait pas encore commencé de parade nuptiale, autant ne pas le presser de commencer, cela viendrait bien assez tôt dans tous les cas au goût de Junko. La question est donc... Pourquoi ? Pourquoi avoir attendu un an ? Pourquoi ne pas avoir attendu plus serait sans doute une question plus pertinente, lâcha-t-elle du tac-au-tac, opposant l’acier de ses prunelles à la chaleur noisette de celles du lycanthrope. Posant le verre sur le bureau sans y avoir encore touché, elle le considéra un moment. Il m’a semblé que notre première entrevue avait été suffisamment édifiante au sujet de tes intentions à mon égard pour ne pas renouveler l’expérience. Elle reprit le contenant avant de le lever en sa direction : Il semblerait toutefois que certaines choses soient inévitables, autant en tirer le meilleur parti. A ta victoire. Temporaire, précisa-t-elle tout de même avant de plonger ses lèvres dans son verre. What did you expect ?

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Re: What is it that you don't understand in "no" ? - Ft. Grayson

Message par Grayson E. Morgan le Dim 3 Nov - 23:13

Avec un large sourire, Grayson fêtait toujours intérieurement sa première, certes petite, victoire, bien décidé à transformer l’essai. Il n’avait peut-être remporté qu’une bataille, mais cela ne voulait pas dire qu’il n’allait pas gagner la guerre. Vous savez ce qu’on dit : Tant va la cruche qu’à la fin pierre qui roule, c’est celui qui dit qui y est, ou quelque chose du genre, tout ceci menant à sa victoire future et inconditionnelle. CQFD.
Et pour bien commencer, le lycan se prenait pour un pirate, songeant d’ailleurs que « l’attaque des loup-garous pirates » ferait un super titre de film. Peut-être devrait-il songer à vendre le scénario…
▬ Tu as au moins eu la décence de ne pas omettre de te laver pendant deux mois pour leur ressembler totalement. Serait-ce une pointe de cynisme ? Grayson hésita entre remarquer que la défaite la rendait aigrie comme une mémé ménopausée et trouver ce nouvel aspect de sa personnalité fort « charmant ». Comprenez par là qu’il n’avait pas vraiment eu l’occasion d’en faire l’expérience, tant il avait cumulé les échecs depuis l’année précédente.
▬ Pourtant il paraît que l’odeur musquée d’un lycan serait aphrodisiaque… C’est une idée à creuser. Répliqua-t-il d’un air faussement songeur, esquissant un sourire empli de malice, peu gêné à l’idée d’évoquer librement sa lycanthropie (il ne manquerait plus que ça), bien que les habitudes scientifiques de sa collègue lui paraissent légèrement inquiétants, voire complètement flippants.
▬ Ne me tente pas. Qu’est-ce qu’il vous disait ? Venues d’une vieille femme ridée, borgne et tarée, la réplique lui aurait probablement arraché un frisson. Mais Junko étant ce qu’elle était, sa plastique semblait faire passer plus facilement les répliques complètement flippantes.
Sans perdre un instant, le sous-directeur s’installa comme chez lui et ne tarda pas à attaquer les questions existentielles. Se rapprocher de ses collègues à coups de bouteille de whisky (dans un verre ou sur la tête) pouvait paraître particulièrement étrange, pervers ou les deux mais cela avait au moins le mérite de fonctionner.
L’amour que Junko portait à la boisson n’avait pas vraiment échappé à l’odorat du sous-directeur mais ça n’était pas tellement son genre de se servir du peu d’avantages que lui conférait sa situation… Pas du tout
▬ Pourquoi ne pas avoir attendu plus serait sans doute une question plus pertinente.
Il lui sourit bêtement. L’alcool déliait les langues, peut-être un peu trop, mais soit. Pourquoi ne pas le mettre dehors, dans ce cas ? (Peut-être parce que la porte était close, ceeerrrtes) Grayson soupçonnait d’ailleurs la jeune directrice de simplement vouloir se débarrasser de lui (perspicace n’est-il pas ?), cela dit, elle ne savait pas à quoi elle s’exposait. Inépuisable, le lycan illustrait fort bien sa condition pour l’occasion et ne lâchait jamais un os quand il en trouvait un. #Romantisme.
▬ Il m’a semblé que notre première entrevue avait été suffisamment édifiante au sujet de tes intentions à mon égard pour ne pas renouveler l’expérience.
Le sous-directeur haussa légèrement les épaules.
▬ Mes intentions n’ont pas forcément changé sur la base, mais ça ne signifie pas que de nouvelles ne se sont pas rajoutées. Répondit-il tout en sirotant son whisky pour se donner un air intelligent. Comme d’habitude, Grayson était un peu perdu. Plus franchement sûr de savoir pourquoi il avait refermé la porte derrière ni même complètement certain de ce qu’il attendait de sa charmante collègue. Il passait déjà suffisamment pour un guignol, inutile d’en rajouter une couche. Pour une fois qu’elle consentait à s’avouer vaincue sans trop discuter, autant ne pas trop ajouter d’eau à son moulin et ne pas lui donner de prétexte pour finalement se défiler.
▬ Il semblerait toutefois que certaines choses soient inévitables, autant en tirer le meilleur parti. A ta victoire. Temporaire.
▬ Qu’elles se multiplient par la grâce de Merlin. Ajouta-t-il en trinquant avant de vider religieusement son verre de whisky.
Il se leva pour remplir à nouveau leurs verres respectifs et en profita pour rapprocher son fauteuil de celui de Junko, esquissant un sourire ultrabright.
▬ Tu sais que j’ai quand même été drôlement déçu de ne pas me voir cité dans ta publication sur les lycans, plaisanta-t-il en faisant tinter ses glaçons J’veux dire, j’étais tout de même une preuve plus que vivante que les lycans étaient parfaitement ouverts au monde sorcier et que les meutes avaient évolué. A vrai dire, Grayson aurait théoriquement eu beaucoup plus de choses à dire lors de leur première entrevue et première rencontre mais la tentation de provoquer avec un sourire stupide avait été beaucoup plus forte que toute autre bonne cause (oui, Grayson est un très bon porte-parole).
Et puis je suppose que ton avis n’a toujours pas changé depuis ? Tu me brises le cœur, Junko Thomas. Acheva-t-il en se laissant tomber sur elle comme une pucelle en pâmoison.
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Grayson E. Morgan
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Re: What is it that you don't understand in "no" ? - Ft. Grayson

Message par Invité le Mar 5 Nov - 22:42

La codirectrice oscillait encore entre rendre les armes pour la soirée et continuer à se battre coûte que coûte. Il semblait qu’il était inépuisable alors qu’elle se fatiguait lentement de ses assauts incessants. Des années auparavant, elle aurait cédé sans le moindre état d’âme s’il s’y était pris autrement. Lors de leur première rencontre, elle aurait pu. Mais elle était à là ce moment-là pour le travail et non le plaisir. Il lui arrivait certes d’allier les deux à l’époque, mais seulement lorsqu’elle avait obtenu satisfaction de son entretien au préalable, ce qui n’avait pas été le cas. Cependant, elle continuait à s’accrocher à cette résolution qu’elle avait prise en répondant présente à l’appel de Dumbedore : elle était devenue une autre femme, d’une certaine manière. Il fallait qu’elle se montre infaillible, non parce qu’elle avait honte de celle qu’elle était, mais parce qu’elle ne pourrait se faire accepter autrement. Il serait faux de dire que cela ne lui coûtait pas : elle appréciait ses vices et s’en délester n’était pas une mince affaire. Et malheureusement, ce lycanthrope ne le lui rappelait que trop bien. Elle pouvait toujours se dissimuler derrière son horripilante puérilité, elle savait cependant qu’il était bien plus que ça. Ce qui n’amenait pas à une conclusion qu’elle appréciait. Pourtant il paraît que l’odeur musquée d’un lycan serait aphrodisiaque… C’est une idée à creuser. Je le confirme, posa-t-elle calmement, établissant clairement le fait qu’elle avait déjà cédé aux avances de l’un de ses congénères. Cela avait une expérience des plus délicieuses, d’ailleurs, il s’était montré à la hauteur de la réputation de sa race. Simplement, cela signifiait que Grayson Morgan ne pouvait invoquer l’argument scientifique pour tenter de la faire céder.

Mes intentions n’ont pas forcément changé sur la base, mais ça ne signifie pas que de nouvelles ne se sont pas rajoutées. Par contre, cette affirmation-là, elle devait bien confesser qu’elle ne l’avait pas vue venir. Un de ses sourcils monta à l’assaut de son front dans un mouvement parfaitement calculé, mais elle ne se risqua pas à poser la question implicite qu’elle venait de lancer : à quoi donc jouait Casanova ? Il n’allait tout de même pas se changer en Roméo et lui jurer amour éternel par la douce mais inconstante lune ? Cela serait d’un comique achevé. Mais laissons cela de côté pour l’instant. Elle ne s’étouffa pas quand il parla de multiplication de victoires, se contentant d’objecter à sa remarque teintée de tristesse : Oh, mais tu y étais. Une seule et unique phrase, mais tout y était dit. « Au cours de mes entretiens, j’ai pu me rendre compte que, si certains mâles embrassaient les années avec sagesse, d’autres préféraient en rester au stade de louveteaux. » Il me semble d’ailleurs avoir continué sur les troubles que pouvaient entraîner la jeunesse physique prolongée des lycanthropes. Comme tu le constates, cette interview n’a pas totalement été vaine. Tout comme ce verre de whisky qui l’avait mise dans de meilleures dispositions. Son arôme était en effet des plus divins, comme le laissait supposer la bouteille. Faisant jouer sa nuque qui craqua doucement, elle déposa délicatement le verre sur la table et s’apprêtait exprimer le fait qu’elle ne le jetterait pas dehors tout de suite quand … Et puis je suppose que ton avis n’a toujours pas changé depuis ? Tu me brises le cœur, Junko Thomas.

Et il se jeta sur elle. Tenta de se laisser tomber sur elle serait plus exact. Fort heureusement, la codirectrice n’avait pas repris son verre, qui lui faisait pourtant de l’œil et put opposer ses deux mains au torse du lycanthrope avant qu’il ne s’affale sur elle. Ses mains glissèrent et vinrent attraper le col du t-shirt de Grayson. Tant pis, elle se fierait à son instinct. Fichant ses prunelles d’acier au fond du regard noisette pétillant du lycanthrope, elle le rapprocha d’elle jusqu’à ce que leurs visages ne soient plus séparés que par quelques centimètres. Elle devait déjà sentir légèrement le whisky, mais comme il avait la même haleine que lui et que, de plus, elle était en terrain conquis, si elle consentait à conquérir quoi que ce soit, qui s’en préoccupait. Grayson Morgan … qu’attends-tu exactement de moi ? Ses lèvres se mouvaient lentement, détaillant chaque mot. Que te faudra-t-il pour que tu abandonnes ? Autant jouer cartes sur table. Après tout, les codes étaient bouleversés en cette nuit. Je suis directrice. Le libertinage ne peut plus être dans mes moeurs. Car après tout, c’était bien cela dont il s’agissait, non ? D’une nuit en sa compagnie.

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Message par Grayson E. Morgan le Jeu 26 Déc - 4:01

Que ce soit clair, de toutes les choses dont Grayson Morgan était capable, conter fleurette à sa Directrice faisait presque partie des plus improbables. Pas parce qu’il avait un soudain regain de conscience professionnelle mais plus vraisemblablement parce que tout jeune loup qu’il était, si ça n’avait pas été elle, il se serait déjà déshabillé et lui aurait sauté dessus avec grognement guttural tout ce qu’il y a de plus charmant (l’histoire ne dit pas si ça aurait fonctionné ou si cela fonctionne même avec une demoiselle lambda. Pour le bien du lycan, admettons 50% de réussite et 50% de résultat tout à fait autre). Mais s’agissant de Junko, il s’était contenté de tourner autour du pot – et quel joli pot -, attendant le bon angle d’attaque pour frapper. Malheureusement, il se trouvait que peu importait le nombre de failles qu’il trouvait ou d’attaque qu’il pouvait porter, la Thomas avait toujours de quoi recouvrir les dégâts. Elle était soit très bonne – et Merlin sait qu’elle l’étai*PAN*- soit il était très mauvais…
▬ Oh, mais tu y étais. Une seule et unique phrase, mais tout y était dit. « Au cours de mes entretiens, j’ai pu me rendre compte que, si certains mâles embrassaient les années avec sagesse, d’autres préféraient en rester au stade de louveteaux. » Une moue peu convaincue étira les lèvres du sous-directeur. Il avait lu l’ouvrage, en avait bien entendu oublié la moitié et ne pas voir son nom cité l’avait passablement déçue, pour ne pas dire irriter. Le temps qu’il avait consacré à l’interview avait été suffisamment pour qu’il puisse espérer un petit mot de remerciement. Un paraphe… Bref, un petit coucou en fin de page. Ceeertes, l’entrevue avait duré deux fois plus longtemps que prévu principalement parce qu’il entrecoupait chaque réponse de fallacieuse tentative de drague. Mais si on s’arrêtait sur des détails, aussi…
▬ Il me semble d’ailleurs avoir continué sur les troubles que pouvaient entraîner la jeunesse physique prolongée des lycanthropes. Comme tu le constates, cette interview n’a pas totalement été vaine. C’est une grimace presque amère qui froissa fugitivement les traits de Grayson. En voilà un sujet sensible qu’il valait mieux passer sous silence. Le lycan déployait des trésors d’inventivité pour rester jeune et garder l’esprit qu’il avait avant sa transformation, ce qui ne donnait pas forcément de bonnes choses. L’avenir et toutes ses incertitudes effrayaient Grayson, plus que toute autre chose, si bien qu’il préférait s’emmurer tranquillement dans sa nostalgie et éviter les sujets délicats… Tels que les troubles psychologiques, comment faire des bébés et autres joyeusetés.
Le malaise ne dura que quelques secondes, le temps de secouer la tête et de reprendre le manège. Inutile de s’épancher sur des débats beaucoup trop compliqués pour l’heure beaucoup trop tardive et surtout beaucoup trop alcoolisée. Comme le disait le célèbre philosophe « Life is life… la la la la la ».
▬ Grayson Morgan … qu’attends-tu exactement de moi ? Les yeux papillonnant doucement, figés dans les iris de Junko, Grayson porta une main sur sa poitrine (la sienne, hé), faussement outré tandis que l’autre tapotait tranquillement son col enserré dans une poigne assurée.
▬ Atteeeeendre de toi ? Moiiii ? Que puis-je attendre de plus que ta présence ? Répliqua-t-il d’une voix haut perchée.
▬ Que te faudra-t-il pour que tu abandonnes ? Je suis directrice. Le libertinage ne peut plus être dans mes moeurs.
D’une main presque douce, il lui fit desserrer sa prise et se redressa, arborant un air songeur.
▬ Hmmm. Excellente question. La vérité est que je n’ai aucune envie d’abandonner. Ca ne serait pas drôle sinon… Et quand bien même, ça ne serait juste pas intéressant du tout. Marmonna le lycan, le reste se perdant dans quelques phrases incompréhensibles.
▬ Quant au libertinage… Reprit-il en se penchant sur la directrice, approchant progressivement son visage du sien dans un mélange fort peu charmant d’effluves alcoolisées. S’il n’avait pas bu lui-même, l’odeur de l’alcool aurait probablement dérangé ses sens mais évidemment, il n’en était rien. Puis Junko était une fille, elle sentait donc bon et pétait des paillettes. Lo-gi-que.
 Je ne connais pas trop la définition mais ça n’en est pas si tu restes avec le même partenaire, si ? Jveux dire, nous, tant que ça reste dans la meute, c’est une relation tout à fait stable... Et en supposant que nous formions une meute de deux… La relation n’en serait que plus intéressante à explorer. Je ne dois pas être le premier comme tu l’as siiii bien souligné mais tu sais, les lycans sont pas comme les sangsues, on est tous complètement différents… Son propre sang ne bouillonnant que trop, Grayson ferma un instant les yeux pour se laisser le temps de respirer avant de les rouvrir et de poser une main pleine d’assurance crâne sur un coin du bureau. S’il avait été un paon, il aurait probablement fait la roue en gloussant bêtement…


Dernière édition par Grayson E. Morgan le Sam 25 Jan - 17:39, édité 1 fois
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Message par Invité le Jeu 26 Déc - 19:52

Jouer avec le feu avait toujours été l’une des activités préférées de Junko Thomas. Quand on était fait d’une glace aussi pure, cela n’avait rien d’étonnant. Seulement, elle avait abandonné ce passe-temps des plus agréables quand elle avait pris la tête de Poudlard selon le souhait de Dumbledore. Peut-être était-ce une erreur, au final, le vieil homme la connaissait parfaitement et il lui avait demandé à elle et non à une copie parfaite d’elle de prendre sa succession. Albus était particulier et tout le monde ne partageait pas son point de vue, d’où le pas en arrière de la codirectrice. Erreur ou non, c’était un état de fait et un mode de fonctionnement, dont elle s’éloignait dangereusement avec ces verres de whisky un peu trop agréables. Elle n’avait pas, par exemple, résolu de parler à Grayson de ce qu’elle avait pu déceler chez lui, jusqu’alors. Et au vu de la simple expression qui avait traversé son visage de façon fugitive, elle avait vu juste. Elle ne préférait pas commencer à « analyser » frontalement ses collègues pour rester dans une zone de confort qu’elle s’était créée. Il y aurait pourtant matière à faire, notamment avec le lycanthrope. Peut-être serait-ce la manière de s’en débarrasser de manière définitive. Mais cela semblait un peu trop violent comme méthode. L’alcool émoussait la lame Junko doucement et lui donnait d’autres idées. Atteeeeendre de toi ? Moiiii ? Que puis-je attendre de plus que ta présence ? On y croirait presque, me direz-vous, mais dans ce cas, pourquoi la poursuivait-il ainsi sans relâche, alors qu’ils se voyaient quotidiennement. Peut-être pas si intimement, me direz-vous, mais Junko restait persuadée qu’une seule chose l’intéressait : une nuit en sa compagnie, rien de plus. Lui aussi était un véritable séducteur, et immature au possible d’un point de vue sentimental.

Aussi fut-elle surprise quand elle sentit qu’il détachait ses mains du col de son t-shirt. Elle se laissa faire, interdite avant de prendre son verre pour en boire une nouvelle gorgée. Hmmm. Excellente question. La vérité est que je n’ai aucune envie d’abandonner. Ca ne serait pas drôle sinon… Et quand bien même, ça ne serait juste pas intéressant du tout. Un léger rire secoua la codirectrice. Nous avons visiblement des définitions différentes du terme « amusant ». Cela l’avait été, c’était une certitude, mais à la logue elle ne voyait plus le bout de cette plaisanterie. Il commençait réellement à l’importuner, de ses avances « déplacées » auxquelles elle ne pouvait se résoudre à répondre. Bien qu’elle y ait pensé et y pensait d’ailleurs régulièrement. Il n’y avait que les rumeurs résultant d’un tel acte qu’elle n’avait pas encore mis cette idée à exécution. Il allait d’ailleurs finir par lui donner raison, ce n’était qu’une question de secondes. Quant au libertinage… On y venait. Elle ne bougea pas, se contentant de reposer en délicatement son verre vide sur le bureau, histoire de ne pas le laisser tomber. Il s’approchait et était proche, bien plus proche qu’il ne l’avait jamais été, étant donné qu’elle le repoussait toujours avant. Ce n’était pas si désagréable, il fallait bien l’avouer, le temps qu’elle restait en contrôle. Je ne connais pas trop la définition mais ça n’en est pas si tu restes avec le même partenaire, si ? Ca, par contre, elle ne s’y attendait pas. Interdite, elle ne bougea pas, le considérant avec, cette fois, un air légèrement surpris qui n’avait rien de feint. Jveux dire, nous, tant que ça reste dans la meute, c’est une relation tout à fait stable... Et en supposant que nous formions une meute de deux… La relation n’en serait que plus intéressante à explorer. Je ne dois pas être le premier comme tu l’as siiii bien souligné mais tu sais, les lycans sont pas comme les sangsues, on est tous complètement différents…

Les informations pénétraient doucement Junko alors que son esprit logique et rationnel faisait le point sur ce qu’il venait de dire. Il parlait de relation. Il plaisantait. Il glissait simplement suffisamment d’arguments pour qu’elle finisse par céder. Et demain … demain serait-il parti avec le sentiment d’avoir ce qu’il cherchait, paradant comme un coq dans les couloirs ? Il ne pouvait pas être sérieux. Il y avait effectivement du vrai, dans ce qu’il disait, elle avait suffisamment étudié les mœurs des différentes « espèces » pour en être convaincue. Mais lui était différent de ceux qu’elle aurait cataloguée comme « alpha d’une seule femelle » d’office et … était bien trop proche d’elle. Quand s’était-il penché sur elle de la sorte ? Sa main vint se poser sur celle de Grayson dans le but de la décaler. Mais sa curiosité avait été piquée au vif, aussi resta-t-elle où elle était alors qu’elle demandait : Comment te croire ? Il me semble que ton but a toujours été de m’attirer dans ton lit et voilà tout. Je ne suis pas femme à qui on conte fleurette et qui fond à la première promesse d’une vie à deux. Cela ne lui avait jamais réussi, pour tout avouer. L’alcool et leur proximité aidant, les contours de ce qui était juste et prudent devenaient légèrement flous, mais ce fut persuadée qu’elle faisait toujours preuve d’autant de discernement qu’elle releva lentement le buste en ajoutant : Je suis désolée, mais ce n’est pas suffisant. En tous cas pour avoir plus que ceci. Et son élan délicat lui fit parcourir en une seconde les quelques centimètres qui manquaient à ses lèvres pour effleurer celles de Grayson.

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Message par Grayson E. Morgan le Sam 25 Jan - 21:06

Grayson réfléchissait. Vraiment. Profondément. C’était suffisamment rare pour que l’on puisse se permettre de le signaler et de s’attarder sur l’évènement. Ce jour précis serait probablement déclaré férié et estampillé « Jour de la réflexion » dans les prochaines années, tant la chose était exceptionnelle.
Le fait est que Grayson évitait généralement de trop réfléchir. Premièrement parce que c’était difficile quand on n’avait pas de cerveau et deuxièmement parce qu’étrangement, ça faisait remonter des tas de choses auxquelles le lycan n’aimait pas vraiment songer. Comme son prochain cours, l’avenir, les lendemains de pleine lune… Quelques petits tracas ordinaires qu’il avait bien soigneusement enfouis dans les tréfonds de son être, cachés sous une importante couche d’insouciance feinte, tellement vernier au fil des ans qu’elle avait fini par en devenir totalement naturelle.
Indubitablement, Junko Thomas faisait réfléchir Grayson. Après un an passé à la côtoyer –bon d’accord, à la force à le côtoyer de plus ou moins près-, il n’arrivait toujours pas à savoir s’il s’agissait d’une bonne ou d’une mauvaise chose. Elle le forçait à déployer des trésors d’inventivité tout continuer à lui coller aux basques comme le bon toutou qu’il était, mais surtout, ses phrases faisaient toujours mouche, allant titiller sans aucune gêne ce qu’il avait caché jusque-là.
▬ Nous avons visiblement des définitions différentes du terme « amusant » Cette phrase, par exemple, avait occasionné un petit pli soucieux sur le front du professeur tandis que ses neurones avaient vaguement commencé à chercher ce qu’il trouvait réellement amusant. Tout aurait probablement été sa réponse universelle, approprié à toute situation. Ce qui aurait probablement été faux, par la même occasion. Mais le mensonge n’était-il pas le thème de la soirée ?
Lui prétendant vaguement être un homme un tant soit peu poli, charmeur presque subtil, elle prétendant être une femme sage et raisonnable, le décor de cette superbe mascarade avait été planté depuis le début de leur collaboration.

Intérieurement, le lycan bouillonnait. De désir, de curiosité et peut-être même un peu de colère, envers cette femme de glace qui ne cédait désespérément pas malgré toute l’ingéniosité dont il avait pu faire preuve (comment ça « non » ?), le poussant dans ses derniers retranchements.
La main de Junko toucha la sienne, le ramenant lentement à la réalité après sa longue diatribe sur les relations de couples et sa parade nuptiale intérieure (étrangement, il était beaucoup plus sexy dans sa tête). Réalité qui était moins drôle que la scène se déroulant dans son esprit. Tandis que son imagination vagabondait, les imaginant déjà mariés, avec une portée de petits louveteaux, son regard rencontra les iris bleus teintés de curiosité de la co-directrice.
▬ Comment te croire ? Grayson pinça vaguement les lèvres. Il n’y avait aucun moyen de le croire, au final. Il n’avait jamais essayé alors lui-même aurait été bien incapable de savoir si l’entreprise allait fonctionner… Il me semble que ton but a toujours été de m’attirer dans ton lit et voilà tout. Je ne suis pas femme à qui on conte fleurette et qui fond à la première promesse d’une vie à deux.
▬ Dommage. Souffla-t-il doucement, ignorant délibérément la première remarque, de peur de lui donner raison. Ca n’était pas un but en soi, mais quoi qu’il puisse en dire, il la voulait, dans son lit, dans sa meute, partout. Son instinct lui soufflait de foncer, de se jeter sur elle sans attendre, sans réfléchir et surtout de cesser de lui demander son envie, pour qu’elle lui cède enfin. La bête sous sa peau songeait à la faire sienne et Grayson dû inspirer longuement pour calmer le loup prêt à sortir (non, ça n’est pas une métaphore pour… enfin…*pan*)

▬ Je suis désolée, mais ce n’est pas suffisant. En tous cas pour avoir plus que ceci. Un haussement de sourcil prudent accueilli la déclaration. Grayson se rectifia mentalement, cette femme n’était pas forte, elle était dangereuse. Leurs lèvres se frôlant, le sous-directeur ne put que constater qu’il ne lui restait plus qu’à s’avancer d’un millimètre pour considérer qu’il était enfin vainqueur de cette manche.
Mais curieusement, le tableau ne lui paraissait pas aussi intéressant qu’il l’avait imaginé. Elle était venue d’elle-même pour le provoquer, lui semblait-il, et le lycan n’aimait pas forcément prendre ce qu’on lui donnait, pas pur esprit de contradiction.
Légèrement perdu dans ses idées, Grayson plissa les yeux. Il était venu avec l’envie claire de la faire céder à grand renfort d’alcool et maintenant que leurs lèvres s’étaient effleurées, il n’était plus sûr de rien. Inévitablement, le professeur se demanda si le sentiment serait similaire le lendemain matin, comme après cette pleine lune qu’il redoutait et désirait ardemment. L’alcool aidant, les frontières s’estompèrent jusqu’à n’être plus que quelques lignes abstraites qu’il était aisé de franchir et sans hésitation, il les dépassa.

Sa main glissa le long du bureau et vint saisir le poignet gracile de Junko, l’empêchant de s’enfuir et s’offrant une ancre physique pour savoir où manœuvrer. Il posa son verre sur le bois et mordilla rapidement la lèvre inférieure de sa collègue, histoire de lui voler quelque chose (un bout de chair ensanglanté pendouill…pardon. The Following, aussi…)
▬ Dommage. Répéta-t-il d’un air songeur avant de soupirer légèrement. Dommage que ce ne soit pas aussi simple. J’aurais pu te promettre une maison, un labrador et une piscine dans le Sud de l’écosse… Ajouta-t-il avec un sourire espiègle avant d’en revenir à une question plus fâcheuse. Je ne nierai pas que mon but premier ait été de t’emmener dans mon lit. C’est biologique, physique, tu devrais le savoir… Presque brutalement, comme pour illustrer ses dires, il fit pression sur son buste pour la renverser sur le bureau, faisant voler au passage quelques parchemins. Le verre qu’il avait déposé plus tôt se déversa sur le tapis dans l’indifférence générale alors que le lycan mêlait son souffle à celui de Junko. Maintenant toujours une certaine distance de sécurité avec elle, il inspira doucement afin de garder le contrôle et reprit tranquillement. Mais peut-être que tu pourrais y rester un peu. C’est à toi de voir. Il faut essayer.
Suivant aveuglément son instinct, Grayson vivait dans l’instant quand il ne restait pas accroché au passé alors forcément, il n’avait rien à promettre et rien à avouer. Pour une fois, il lui laisserait le choix. Ou presque.


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Re: What is it that you don't understand in "no" ? - Ft. Grayson

Message par Invité le Dim 26 Jan - 18:11

C’était imprudent. C’était même au-delà de ça : ce contact était complètement irresponsable. Cette impulsion, la courbe gracieuse qu’avaient décrit son buste et ses lèvres était un affront à son bon sens et défiait tout ce qu’elle avait si soigneusement mis en place d’ici-là. Vous trouvez cela complètement exagéré, comme réaction ? Mettez-vous à sa place. En cet instant précis, elle n’allait pas mentir. L’alcool l’en empêchait, tout comme la proximité de Grayson Morgan. Il était attirant. Elle enchaînait les rebuffades, le repoussait autant qu’elle pouvait et le tenait à distance tous les jours, d’un regard noir ou d’une parole cinglante mais il l’était, et le problème était qu’il le savait un peu trop. S’il ne s’était rien passé entre eux lors de leur première rencontre, c’était simplement parce qu’il n’avait pas pris son interview au sérieux et que cela l’avait grandement agacée de se voir reléguée à la place de « morceau de viande affriolant dans lequel il avait bien envie de mordre », et non parce qu’il lui déplaisait. Et si, depuis qu’ils s’étaient retrouvés à Poudlard, elle persistait à faire comme s’il ne se passerait jamais rien, c’était à cause des convenances, de ce carcan qui s’était retrouvé à l’étouffer et qu’elle avait préféré embrasser que subir. En tant que femme, elle était beaucoup plu surveillée que ses collègues et si Samaël pouvait continuer à collectionner les conquêtes s’il le décidait, ce n’était pas son cas et elle en était pleinement consciente. Elle aurait pu se choisir un amant discret, mais avait préféré s’abstenir complètement. Et on ne pouvait pas dire que Grayson rentre particulièrement dans la case « discret ». En un mot comme en cent : elle était fichue. Si à cet instant précis, il enfonçait la porte qu’elle venait d’ouvrir, ils iraient jusqu’au bout. Et elle ne doutait pas un instant qu’il le fasse. Elle attendit donc, le souffle court, ses lèvres si proches des siennes qu’elle sentait son souffle les chatouiller, que le couperet tombe.

Ce ne fut pas le cas. Surprise, elle rouvrit les yeux qu’elle avait inconsciemment fermé pour le considérer, incroyablement près. A quoi jouait-il ? Elle lui offrait sur un plateau ce qu’il réclamait depuis un an, sans discontinuer et maintenant, il hésitait ? Non, plus que cela, en réalité, il la repoussait ? La partie raisonnable du cerveau de Junko en fut ravie. L’autre fut piquée au vif et vexée, il fallait bien le dire. Elle commença donc à décoller sa main du bureau pour le repousser et le mettre à la porte séance tenante quand la poigne du lycanthrope la cloua sur la surface boisée. Interdite, elle sentit les dents de l’homme effleurer sa bouche. A quoi jouait-il ? Dommage. Il allait devoir la lâcher, et rapidement encore. Ce n’étaient pas les termes du contrat et elle n’avait pas l’intention de satisfaire ses envies carnassières. Piquée au vif ? Si peu. Dommage que ce ne soit pas aussi simple. J’aurais pu te promettre une maison, un labrador et une piscine dans le Sud de l’écosse… Tu ne serais déjà plus là si ça l’était, souffla-t-elle malgré elle. Si elle n’avait été qu’une imbécile de plus tomba pour ses beaux yeux, ses airs d’éternel adolescent et son esprit pourtant si remarquable, il y avait bien longtemps que le Coordinateur se serait vanté partout d’avoir attiré la Reine de Glace dans son lit avant de l’en sortir au petit matin. Je ne nierai pas que mon but premier ait été de t’emmener dans mon lit. C’est biologique, physique, tu devrais le savoir… Et elle allait répondre qu’il ferait bien de reculer parce qu’elle le savait très bien et qu’il n’en était pas question quand elle bascula.

Par réflexe, elle se raccrocha à la nuque de Grayson, de la main qu’il ne maintenait pas contre la table. Elle eut vaguement conscience des papiers volants autour d’eux, d’un verre roulant sur le bureau. Mais ce qui la frappa surtout, c’était la facilité avec laquelle il l’avait réduite à l’impuissance et le frisson qui lui parcourait lentement le dos. Mais peut-être que tu pourrais y rester un peu. C’est à toi de voir. Il faut essayer. Et pour la première fois de sa vie, Junko Thomas fut à court d’arguments. Incapable d’émettre le moindre son, elle se contentait de le considérer, là, au-dessus d’elle. Prétendre qu’elle n’avait pas envie qu’il aille plus loin aurait été proférer le mensonge le plus éhonté de l’Histoire. Pourtant il aurait fallu qu’elle le fasse. Qu’elle lui enjoigne de la lâcher, qu’elle le fusille du regard, qu’elle se cabre pour lui échapper. Est-ce que cela aurait eu un effet ? Elle n’en était pas vraiment sûre. Les battements de son cœur s’étaient rapprochés, elle en était consciente. Tu ne penses tout de même pas tout avoir en une soirée, Grayson ? C’était sans doute la première fois qu’elle l’appelait par son prénom, elle s’en fit la réflexion mentale, ce qui lui permit de se calmer légèrement. Sa main était toujours posée sur sa nuque et elle l’attira lentement à elle, centimètre après centimètre, beaucoup plus calme. Il l’avait surprise, et la force de son envie de lui céder également mais, maintenant qu’elle avait toutes ces données, elle allait pouvoir reprendre le contrôle, au moins d’elle-même sinon de la situation. Ses yeux fichés dans les siens, elle finit par les baisser pour observer la bouche du professeur. Tu refuses un baiser et me renverses sur mon propre bureau ? Cela ne se passera pas comme ça.

La pression dans le cou du lycanthrope disparut soudain et elle le repoussa du bout de l’index, se redressant du même mouvement jusqu’à se retrouver assise, de nouveau. Elle le considéra un moment, en silence. Ses paroles avaient fait mouche, il devait s’en douter mais elle n’était pas prête à tout risquer comme ça, d’un coup. Elle était excellente au poker et préférait étudier ses adversaires et les faire parler au maximum avant de prendre une décision. Et au jeu de l’amour, il en allait de même. La mise valait-elle le risque qu’elle prenait ? Il fallait le mesurer. Prouve-moi que je peux te faire confiance. Elle marqua une pause pour le considérer un moment. Sa poitrine se soulevait avec difficulté. Qu’il ne recommence pas. Elle n’était qu’une femme.

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Re: What is it that you don't understand in "no" ? - Ft. Grayson

Message par Grayson E. Morgan le Lun 14 Avr - 3:32

 Quand on s’appelait Grayson, on était bien loin d’être du genre fiable, comme type. Alors forcément, quand quelqu’un (au hasard quelqu’un dont la présence vous impressionnait un peu et dont le prénom commençait par un J) vous épinglait avec ses prunelles bleues et vous demandait de lui prouver qu’elle pouvait vous faire confiance… on avait l’air un peu con.
Il avait pourtant si fièrement remporté la première bataille, à sa façon… ou du moins l’avait-il cru.
▬ Tu ne penses tout de même pas tout avoir en une soirée, Grayson ? Sourire idiot naissant sur ses lèvres, il lui avait fallu tout le self-control du monde pour ne pas glousser bêtement en entendant son prénom des lèvres de sa supérieure. Il était resté silencieux, écoutant distraitement les battements de son cœur sans avoir s’il entendait les siens ou ceux de Junko. Le calme de la jeune femme l’aurait surpris s’il ne l’avait pas « pratiquée » depuis plusieurs mois. Elle contrôlait tout et pour une fois, Grayson se serait amusé de la voir réellement perdre ses moyens. Il avait entraperçu la victoire, par une brèche lointaine mais elle s’était refermée aussi vite qu’elle était apparue, à sa grande et immense déception.
▬ Tu refuses un baiser et me renverses sur mon propre bureau ? Cela ne se passera pas comme ça.  Et elle l’avait repoussé, doucement et simplement. Le lycan avait vaguement envisagé de résister et de forcer le mur de glace qu’elle lui opposait, il était évident qu’il ne manquait que peu de chose pour qu’elle lui cède enfin mais quelque chose lui disait qu’il était bien plus intéressant de se laisser guider. Pour une fois, au lieu de nager à contre-courant comme il en avait pris la désagréable habitude, Grayson s’était laissé faire, non sans un léger regret. Il avait bien feint la résistance les premières micro-secondes mais l’index posé sur son torse l’avait vaincu aussi facilement qu’il avait pris le dessus précédemment. Juste retournement de situation.
▬ Tu pourras au moins dire que ton bureau a été baptisé. La prochaine fois on fera ça sur le mien. S’était-il contenté de répliquer avec un clin d’œil plus que lourd de sous-entendus avant de reculer d’un tout petit pas, histoire de signifier qu’il avait compris où se trouvait la frontière et qu’il ne la franchirait pas sans son consentement mais qu’au mieux, il se tiendrait dessus en la piétinant gaiement jusqu’à ce qu’elle disparaisse. Hop.
Les contacts déraisonnables n’effrayaient pas Grayson, au cas où ça n’avait pas encore été assez clair. Il avait mûrement réfléchi à la question, entre deux bouteilles de vodka et une beuglante envoyée à sa meute. Premièrement, si elle cédait, mais qu’elle le regrettait et souhaiter le remplacer elle aurait certainement beaucoup de mal à lui trouver un remplaçant. Non pas qu’il n’y ait pas de lycanthrope apte à l’enseignement mais rares étaient ceux qui acceptaient de coopérer avec des vampires et un ancien auror chasseur de prime et plus rares encore étaient ceux qui acceptaient d’enseigner aux sangsues. Sans vraiment prendre de risque, Grayson Morgan pouvait se vanter de faire partie de ces marginaux pacifistes que la mixité raciale n’effrayaient pas.
Deuxièmement, si cela ne fonctionnait pas, ce qui était fort probable, il pourrait juste se vanter durant deux mois en se pavanant dans les couloirs, le torse bombé, dans l’indifférence générale, puis reprendrait le cours normal de son existence (probablement en chouinant un peu qu’il était complètement mal aimé). Troisièmement… Il aurait juste à faire en sorte que ça marche… Et bien sûr, il était tout à fait exclu de le traiter de grosse patate niaise. Il avait depuis longtemps décidé de l’issue de leur « confrontation » et qu’importe si cela prenait un an, deux ou dix, elle lui cèderait.
Comme toutes les choses décidées des années plus tôt, il s’y était accroché et n’avait pas vraiment réfléchi au reste. Au « après ». Au « autour ». Fioritures, ornements.
▬ Prouve-moi que je peux te faire confiance. Le genre de question résiduelle qu’il aurait dû prévoir mais… non. Par exemple.
Ce qui nous ramenait au constat de départ. Grayson était un peu con.
Il ouvrit vaguement la bouche pour émettre un gloussement stupide. Il ne se faisait déjà pas confiance lui-même alors bon, hein… Elle en demandait beaucoup trop. C’était beaucoup trop compliqué.
Le lycan fixa quelques secondes la poitrine de Junko, résistant à l’envie de lui sauter à nouveau dessus sans aucune autre forme de procès. Agir sous l’influence du loup était tout sauf une bonne idée. Non seulement cela prouverait qu’il avait encore 17 ans dans sa tête mais apporterait la preuve qu’il était tout sauf digne de confiance et ruinerait donc toutes ses chances. Le loup se prit à penser que s’il avait été un vampire, il en aurait peut-être profité pour l’hypnotiser un coup.
L’idée le fit grimacer et il releva les yeux pour les ficher dans ceux de Junko avec un aplomb certain et un sourire taquin.
▬ Une fois j’ai emprunté un pendentif en diamant pour le mettre au cou de ma copine du moment pour une soirée. Je l’ai ramené sans une seule égratignure. Ca compte ? [Insérez ici la petite danse débile du mec super fier de sa blague] Le lycan se tapota le menton d’un index songeur, faisant mine de réfléchir avant d’ajouter Et là, par exemple, je respecter ton petit espace vital. Il forma une bulle imaginaire autour de la co-directrice d’un vague mouvement du poignet Evidemment, ça n’est pas une preuve suffisante… Qu’est-ce que tu dirais de tester ça sur les prochaines semaines ? Boire un verre entre collègues et je promets sur la tête de Dumbledore de ne pas profiter de ta faiblesse pour la boisson.
Il esquissa un sourire léger, presque innocent. Lui aussi connaissait des faiblesses à la co-directrice et il s’engageait à la respecter quoi qu’il arrive. A elle de voir si elle en ferait de même.


Dernière édition par Grayson E. Morgan le Lun 5 Mai - 13:00, édité 1 fois
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Grayson E. Morgan
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Message par Invité le Lun 21 Avr - 20:22

Maintenant qu’elle avait repris ses esprits, Junko Thomas parvenait à visualiser la situation dans son intégralité, ce qui n’était pas un mal. Il y avait des papiers par terre, partout autour du bureau et une forte odeur de whisky se dégageait de l’ensemble. Cela avait tout d’un champ de bataille dont elle ressortait à peu près indemne. Il n’y avait pas de vainqueur ou de vaincu à déclarer, seulement de nouvelles positions prises par les deux camps. Les dommages les plus sévères avaient été évités et ils allaient pouvoir en rester là, pour l’instant. Tu pourras au moins dire que ton bureau a été baptisé. La prochaine fois on fera ça sur le mien. Certaines choses n’avaient pas changé, cependant et elle ne s’attendait pas à ce qu’elles le fassent. Impassible, elle se contenta de continuer à réguler sa respiration pour que son rythme cardiaque redescende à la normale, une pulsation lente et mesurée. Son sang bouillait moins depuis qu’il s’était éloigné (elle s’étonna même qu’il ait pris la peine de faire un pas en arrière, ce qui montrait qu’il était peut-être en progrès). Mais cette soirée, cette intrusion dans son espace personnel avait été d’une grande imprudence. Ce qui ressemblait à ce qu’elle était avant et non à l’image de la parfaite directrice qu’elle tentait de donner, brillamment jusqu’alors. Grayson Morgan menaçait cet équilibre, elle en était parfaitement consciente. Cependant, l’attrait du jeu était devenu trop important, en cette fin de soirée, pour qu’elle déclare que la partie était terminée.

En l’entendant glousser, elle se demanda néanmoins s’il n’aurait pas mieux valu qu’elle le renvoie immédiatement dans son bureau, sans autre forme de procès. Le jaugeant d’un oeil volontairement désapprobateur, elle se demanda une nouvelle fois si elle avait bien intégré l’intégralité du fonctionnement du Coordinateur. Son envie de rester l’adolescent qu’il était au moment où il s’était fait mordre semblait évidente, cependant peut-être y avait-il plus que cela. Une fois j’ai emprunté un pendentif en diamant pour le mettre au cou de ma copine du moment pour une soirée. Je l’ai ramené sans une seule égratignure. Ca compte ? Mais comprenez qu’elle puisse en douter. Silencieuse, Junko décida d’attendre quelques minutes avant de déclarer qu’elle en avait eu assez pour la soirée. S’il était effectivement incapable de se tenir correctement ou d’avoir une conversation sérieuse, il était évident que la suite ne serait pas envisageable et peu importaient les barrières qui étaient tombées, elle saurait les dresser de nouveau sans le moindre problème. Et là, par exemple, je respecte ton petit espace vital. D’un haussement de sourcil, elle lui concéda ce point. Il n’avait pas poursuivi sur la pente savonneuse qu’il avait empruntée et semblait se tenir à l’écart, ce dont elle lui savait gré, malgré ses simagrées incessantes. Croisant les bras, elle hocha la tête alors qu’il énonçait lui-même ce qu’elle pensait, à savoir que ce n’était pas assez, étant donné qu’il l’avait repoussée une première fois.

Sa proposition, en revanche, semblait étrangement honnête. Je te prie de laisser Albus reposer en paix, intervint-elle cependant, et de noter qu’une promesse faite au sujet d’un mort ne peut être prise au sérieux. Se décollant du bureau, elle passa à coté de lui pour nettoyer le bazar ambiant d’un coup de baguette, s’éloignant de plus du « lieu du crime ». Ses pensées s’enchaînaient plutôt clairement, analysant la proposition, les tenants et les aboutissants de cet échange. Quant à mon « penchant pour la boisson », je te prierais d’éviter ce genre d’allégations à l’avenir. Et si celui-ci existait, tu n’aurais aucun moyen d’en tirer profit, étant donné qu’il te serait impossible de parvenir à m’enivrer, précisa-t-elle, plus pour se donner le temps de réfléchir que pour réellement éclaircir la situation. Accepter l’engageait à le revoir, volontairement et à lui concéder la victoire sur cette manche. Malheureusement, décliner semblait hors de question. Elle n’avait aucune envie de le faire, pour commencer, et lui avait demandé une preuve : partant de ce principe, elle avait le devoir de le laisser essayer. Raisonnement parfaitement logique et implacable, comme chacun de ceux qui étaient élaborés au sein du cerveau parfaitement froid et méthodique de la codirectrice. Il n’y avait donc qu’une seule et unique réponse à formuler. C’est d’accord. Je suppose que cela sera également l’occasion d’apprécier ta définition de la discrétion, conclut-elle, plus pour elle que pour lui : si des rumeurs venaient à se répandre, il était bien évident que tout prendrait immédiatement fin. Ce dont il devait être lui-même conscient, en réalité, malgré ses propos légers.

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Message par Grayson E. Morgan le Lun 19 Mai - 3:02

Dans la tête d’un lycan loyal, rien n’était plus important qu’un contrat. Un deal était un deal et c’était certainement pour cela que Grayson se retrouvait encore à se tourner les pouces travailler à Poudlard. Enfin presque. Evidemment, quand il s’agissait de questions professionnelles, il faisait tout pour honorer ses engagements ou du moins se débrouiller pour que ses actions ne s’éloignent pas trop de la ligne directice qu’on lui avait vaguement fixé. (Du coup, si la ligne directrice était la directrice elle-même ça ne… non ? Bon.) La détermination dans le regard de l’Anglais était récente, encore emplie de l’espoir neuf (et probablement complètement vain) qu’il finirait bien par tenir ses promesses un jour ou l’autre.
L’idée était de commencer par conserver son poste à Poudlard (check) et de ne pas froisser la directrice maintenant qu’il s’était bêtement engagé à rester courtois, respectueux, gentleman, bref, tout ce qui, en théorie, n’avait jamais été évoqué lorsqu’on demandait de décrire Grayson.
Le lycan regretta un instant de s’être enflammé tout seul, de faire de promesses qu’il aurait un mal fou à tenir et de ne jamais vraiment réfléchir. Effaçant le sourire innocent qu’il avait arboré quelques secondes plus tôt, il se pinça furtivement l’arête du nez et étouffa un soupir las. Parfois, il se fatiguait lui-même…
▬ Je te prie de laisser Albus reposer en paix et de noter qu’une promesse faite au sujet d’un mort ne peut être prise au sérieux.
Oui, bon évidemment, vu comme ça… D’un bref hochement de tête qui se voulait désolé, Grayson concéda que jurer sur la tête de l’éminent ex-directeur alors qu’il était peut-être déjà mort ou risquait de l’être dans un futur plus ou moins proche n’était peut-être pas le summum du bon goût et certainement pas la meilleure chose à faire. Surtout quand ledit ex-directeur avait placé votre interlocutrice à la tête de son établissement et vous-même en sous-fifre sous-directeur. Mais bref, faisons comme si cette conversation était tout à fait normale, Grayson.
L’Anglais se garda bien de souligner que le vioque était techniquement encore en vie tant que personne n’avait prouvé le contraire, au fond, il pensait Dumbledore décédé depuis un petit moment. A vrai dire, il avait même imaginé que son corps serait dans un buisson juste à la sortie de Poudlard, l’un ne pouvant pas vivre sans l’autre, un truc du genre.
De toute façon, qu’il jure ou non sur la tête de n’importe qui, il était fort probable que Junko lui signale poliment qu’au final, aucune promesse formulée par Grayson ne pouvait être prise au sérieux… A moins qu’il ne s’enfonce lui-même pour éviter à sa collègue la peine de le faire.
Du regard, il la suivit lentement, l’observant balader sa silhouette dans la pièce et procéder au nettoyage rapide de la scène. Un sourire amusé passa sur ses lèvres en voyant le désordre disparaitre d’un coup de baguette. Il aurait pu pousser plus loin, forcer les barrières et se délecter du chaos qu’il aurait semé mais quelque chose lui disait qu’il aurait plus perdu qu’autre chose. Une (grande) partie de lui regrettait déjà amèrement ce choix trop adulte, trop mature pour lui ressembler. Mais elle avait cet effet sur lui, étrange, intriguant. Il était plus vieux, elle le faisait grandir. C’était un peu con.
▬ Quant à mon « penchant pour la boisson », je te prierais d’éviter ce genre d’allégations à l’avenir. Et si celui-ci existait, tu n’aurais aucun moyen d’en tirer profit, étant donné qu’il te serait impossible de parvenir à m’enivrer.
Il lui adressa un sourire légèrement condescendant qui se voulait discret. Premièrement, tout le monde avait un penchant pour l’alcool, à moins d’être une nonne (Grayson était plutôt certaine que Junko n’en était pas une) et deuxièmement, on ne trompait malheureusement pas son odorat (bien qu’il souhaitât régulièrement se tromper et ne pas deviner le repas de celui qui rotait à l’autre bout du bar).
Malgré tout, elle avait probablement raison, la poursuivre avec une bouteille de whisky pendant des mois ne fonctionnerait qu’une fois et il avait déjà grillé sa chance. Peut-être qu’en la séquestrant dans un cachot et en la forçant à boir… quoi « non » ? Grayson hocha vaguement la tête pour montrer qu’il avait compris mais n’approuvait pas totalement le terme « allégations », bien que ça ne soit manifestement plus le moment de jouer sur les mots.
▬ C’est d’accord. Je suppose que cela sera également l’occasion d’apprécier ta définition de la discrétion.
Si Grayson avait été un enfant de cinq ans, il aurait sautillé sur place comme un gosse auquel on annonce qu’il aura deux Noëls. Mais Grayson était évidemment grand et responsable. Il se contenterait donc de murmurer un petit Yeeeessss et de brandir un poing victorieux quand Junko aurait le dos tourné.
Elle le savait, la discrétion ça n’était pas très… trop… vraiment... Disons que si Grayson devait être associé à un terme, ça n’était certainement pas le premier qui serait venu. Mais soit, il le serait, il avait promis et curieusement, l’idée lui plaisait pas mal, probablement plus parce qu’il s’imaginait comme le vieux paysan sortant avec la princesse dans le dos de son père que par réelle conscience du contrat qu’il venait de sceller.
Plus tard, certainement, une fois l’alcool et l’euphorie stupide évaporés, il réaliserait et se mettrait à paniquer en courant partout dans son bureau, allant probablement même jusqu’à se rouler par terre en gémissant qu’il était stupide.
Mais pour l’heure il bomba simplement (et ridiculement) le torse et s’inclina avec une certaine sobriété.
▬ Alors c’est entendu, Milady ! Notre prochaine rencontre sera publique ! Il pointa la bouteille de whisky miraculeusement restée debout après leur petite escapade sur le bureau. Je te la laisse, pas de penchant pour la boisson donc j’espère qu’il en restera pour notre prochaine sortie ! Et puis c’est d’une impolitesse de reprendre les cadeaux… Et comme tout le monde savait que Grayson était un gentleman… Il fit quelques pas faire Junko, hésitant entre lui serrer la main, lui claquer la bise ou l’embrasser sauvagement, le tout résultant en une dizaine de seconde d’un flottement silencieux embarrassant pour se conclure par un petit coucou de la main, tout à fait idiot (et mature). Bon. Heu… T’en fais pas pour moi, je connais la sortie ! Avec un énième sourire, il quitta la pièce sans se retourner, non sans avoir vérifié avant de sortir qu’aucun préfet n’errait dans les couloirs à cet instant précis.
Il aurait été légèrement embarrassant qu’il soit surpris en train de rejoindre ses quartiers en sortant du bureau de la directrice, un sourire abruti flottant sur les lèvres. C’est en sifflotant que Grayson acheva le reste du chemin qui le séparait de ses appartements, encore ivre de sa propre stupidité, songeant déjà à quelle soirée il allait bien pouvoir convier la co-directrice, bien qu’il sache pertinemment qu’il aurait plus de chance d’être son invité que l’inverse. Mais soit.

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Grayson E. Morgan
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28/09/2013 108 ϟ © : BlueOrchid
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