Rencontre d'un autre temps ♣ Ft : Siam & Madeleine

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Rencontre d'un autre temps ♣ Ft : Siam & Madeleine

Message par Invité le Ven 28 Oct - 17:00



Rencontre d'un autre temps
© code : Never-Utopia ♣ rp : Siam & Madeleine

Il ne dit rien, mais son regard trahit sa pensée. Ses sourcils laiteux se fronce avec légèreté et bouche se déforme en une moue de reproche. Il flotte légèrement à coter de moi, me jugeant. Je crois que s’il en avait l’occasion, il m’arrêterait immédiatement. Cependant il a perdu cette occasion il y a maintenant des siècles, quand le dernier souffle de sa vie s’est échappe de ses lèvres. Il tend ses doigts glacée comme la mort sur ma main, je sursaute à son contacte, mais referme fermement ma main. Refusant de laisser tomber la pilule blanche. Je ne me faisais plus avoir. Ce n’était pas la première fois qu’il me touchait pour faire tomber la précieuse pilule blanche. Il veut que j’arrête, il est jaloux, il ne veut pas que je contacte les esprits. Il veut que je pense qu’à lui, l’égoïste. Je ne prends même pas la peine de lui jeter un regard noir, je me contente d’avaler la pilule. Plus besoin de jus de citrouille, elle glisse toute seule dans ma gorge. Je ferme les yeux, cela ne fait pas effet tout de suite, il faut attendre.

Je croise mon reflet dans le miroir, une jeune fille brune à la peau pale comme la mort me rend mon sourire. Plus le temps passe, plus j’ai l’impression de voir ma sœur. Mes traits sont moins tirés que les siens, mais cela commence. Par moment mon visage commence à être détruit. Mes yeux sont éteints, mon âme est morte, elle appartient au monde des morts. Comme tout ceux de ma famille, mais alors pourquoi. Mes ongles s’enfoncent douloureusement dans ma chaire tendit que je serre les poings de colère et de dépits. Mes jambes tremblent, mes mains se desserrent peu à peu. La jeune fille dans le miroir à un sourire qui est maintenant rayonnant et brillant. Dans ses yeux, une lueur vivante apparait, peut être un peu inquiétante. Elle est dans les vagues. Les couleurs sont plus intenses, je vois quelques esprits. Du moins je crois en voir. Ian commence à disparaitre peu à peu, je lui dis adieu dans la main et me glisse dans les couloirs de Poudlard. Des fleurs poussent sous mes pieds au fur et à mesure que je m’avance. Ce sont des roses rouges, comme aime la Reine rouge. Elle déteste les roses blanches, elles doivent être rouge, rouge sangs. Elles sont belles, elles sentent délicieusement bon. Un petit air entrainant s’entend. Un petit éclat de rire échappe en cascade de mes lèvres. Je dessine quelques pas de danses. Je sens des regards lourds de sens se poser sur moi, ils sont probablement en train de me juger. Comme d’habitude. Seul les esprits me comprennent vraiment.

« - Mad ! »

Un ange blond attrape ma main, elle l’apporte à ses lèvres et la baise délicatement. Je ris face aux manières d’Alice, mes joues prennent une stupide teinte rose. Elle m’entraine. Elle veut me montrer un endroit. Il y a des esprits d’après elle. Alice au moins elle me comprend. Seule elle peut m’aider. Les autres ne comprennent rien. Ce ne sont que des idiots. Leurs esprits sont fermés. Cependant Alice est différente, elle, elle est magnifique. Dans tous les sens. Je la suis. On marche avec légèreté sur l’herbe verbe et tendre qui pousse dans les couloirs de Poudlard. Un magnifique jardin, Poudlard est magnifique fleurit. Il faudrait que ce soit toujours ainsi et pas seulement quand je glisse dans le pays des merveilles. Du coin du regard je vois le Lièvre de Mars s’inclinait bien bas devant moi sa tasse à la main. J’aurais aimé faire de même, mais Alice m’entraine, elle ne me le laisse pas me reposer. Il faut faire vite. Très vite. D’après elle ils vont disparaitre si on ne fait pas vite. On n’a pas le temps, le temps s’écoule dans le grand sablier du temps et les esprits s’effilochent. Ils se détruisent peu à peu, avaler par les limbes.

Elle m’emmène dans les nuages. Je tourne la tête à droite, à gauche. Il fait froid. Le vent s’engouffre, le zéphire enveloppe mon être et dessines les traits de chacune partie de mon corps. Le froid prend possession de moi, cependant ceci est sans importance. Seul les esprits compte. J’avance d’un pas léger sur les ponts suspendus. La musique enchanteresse reprend, je me remets à danser, un sourire sur les lèvres. Un obstacle. Un obstacle boucle ma dance. Elle est brune et les cheveux courts volent dans le vent. Elle est magnifique.

« - Tu n’es pas un esprit. Si ? »

J’avance ma main, je touche sa joie, elle semble si irréel que je me demande si elle est vraiment du monde des mortels. Peut être est-ce une nymphe ou une fée venue d’un autre temps. J’ai besoin de l’aide d’Alice, elle au moins pourrait me guider. Elle n’est plus là. Alice a disparu. Elle s’est envolée dans les cieux, elle a quitté le terrier du lapin blanc. Sans un mot, elle m’a abandonnée. C’est Alice, elle apparait aussi soudainement qu’elle disparait. Je dois donc chercher seule.

« - A moins que tu sois une nymphe, une fée, un être venu d’un autre temps ? »


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Re: Rencontre d'un autre temps ♣ Ft : Siam & Madeleine

Message par Invité le Sam 29 Oct - 10:04

    Savoir observer. Comme une deuxième nature qui, inconsciemment, s'accroche aux détails. Comme si toute la vérité d'une chose ou d'un être relevait de cela. De ces particularités qui forment un tout. D'un tout qui se forme et se déforme à l'infini, d'un tout consubstantiel et jamais tout-à-fait le même. Déceler ce qui ne saute pas aux yeux. Analyser un mouvement, un regard, un silence, aussi fugaces soient-ils. Ne pas les juger. Essayer de les comprendre, tout-au-plus. Les discerner, tout-au-moins. Siam a toujours été particulièrement observatrice. Elle a toujours eu cette capacité de voir ce que à quoi l'on ne fait pas forcément attention, au détriment parfois du plus évident. Mais, d'une certaine façon, cela lui rend les chose et les êtres plus spéciaux. Uniques.

    Elle l'avait vue arriver. De loin. Elle avançait telle une ombre au milieu des autres, flottante, fantasmatique. Sa démarche, hésitante ; son équilibre, précaire. Errante, indécise, imprécise, un être fragile duquel émanait, peut-être du fait du contraste avec les mouvements secs des capes de sorciers, une délicatesse certaine. Et pourtant quasi-invisible. Personne ne semblait y faire attention. Peut-être absorbés dans leurs pensées, peut-être happés par leurs soucis, peut-être mus d'une allégresse propre à la rentrée, ou alors tout simplement indifférents, les élèves avançaient. Automates.
    Automates habitués.
    Ce n'était pas la première fois. Elle l'avait déjà repérée. Peut-être certains avaient-ils essayé de l'aider. Peut-être l'avaient-ils encouragée, dans la bonne comme la mauvaise voie. Mais aucun regard alerte aujourd'hui. Comme si cette demoiselle errante faisait parti du décor, comme si son état était habituel, comme si elle se devait d'être ainsi et qu'on ne pouvait rien y faire. Etait-ce de la lâcheté que de la frôler sans la regarder, la dépasser sans s'assurer que ses jambes la porteraient encore à la fin du couloir ?

    Mais, même animé des meilleurs sentiments du monde, on ne pouvait prendre soin d'inconnus à tout moment. Comment aborder quelqu'un qui n'était là que physiquement ? Comment s'assurer de quoi que ce soit avec un être déconnecté de la réalité ? Pourquoi, après tout, intervenir ? N'étaient-ce pas les décisions d'une sorcière majeure et vaccinée?
    Siam n'avait jamais vraiment eu l'occasion de la croiser. D'aussi près, j'entends. Jamais elle n'avait pu saisir la froideur de son regard, la pâleur de sa peau. Jamais elle n'avait ressenti un frisson aussi violent par sa présence.

    Passionnée dans l'observation de cette muse d'un monde alternatif, les pas de Siam s'étaient faits plus lents, mesurés. Si bien que, bientôt, elles se trouvèrent face à face. Siam, le regard fixe, passionné et inquiet, plongé dans celui absent de sa camarade. « Tu n'es pas un esprit. Si ? » questionna cette dernière, sans certainement s'attendre à quelque réponse que ce soit. Un temps d'adaptation. De compréhension. Un temps absent de parole, un temps pendant lequel une main, douce et glacée, se posa sur sa joue. Un contact frêle, doux, éphémère, dont Siam se demanderait toujours s'il n'avait pas été le fruit de son imagination. « A moins que tu ne sois une nymphe, une fée, un être venu d'un autre temps ? » Où que cette demoiselle fut, quelle était la part de réel dans ses actes et ses paroles ? Où était-elle ? Siam, légèrement décontenancée, passa sa main dans ses cheveux. Les ébouriffa, d'un gracieux mouvement, plus qu'ils ne l'étaient déjà. On pourrait croire qu'elle réfléchissait. Peut-être, mais inconsciemment. En réalité, elle ne savait simplement pas quelle attitude adopter. Avec un visage d'ange comme le tiens, je veux bien être ce que tu veux, songea la demoiselle, d'une malice peu appropriée qu'elle tut. Les mots sortirent d'eux-mêmes. De cette voix basse et légèrement rauque qui la caractérisait. « Simplement une créature plus faible que les autres. Empathique et attentionnée. Troublée. » Parce que c'était ce qu'elle était, non ? Un être incapable de résister aux forces et faiblesses des autres, un être incapable d'essayer de comprendre, de saisir, de s'intéresser. Peut-être était-ce l'une de ses faiblesses que de se passionner pour les autres, parfois au détriment de soi. Après tout, qui était-elle, Siam, par rapport à cette demoiselle qu'elle ne connaissait que de vue ? Quelle était la probabilité qu'en reprenant conscience la Serdaigle lui reproche de ne pas s'occuper de ses affaires ? En quoi pouvait-elle prétendre à quoi que ce soit, elle qui n'était ni amie, ni connaissance ? En quoi une parole qui, bien que tombée sur elle, ne lui était peut-être pas réellement adressée, pouvait lui donner, à elle, inconnue, quel droit que ce soit à essayer de la comprendre ? Ce qu'elle n'était d'ailleurs pas certaine d'être en mesure de faire. Fallait-il qu'elle joue son rôle d'élève responsable ou qu'elle entre dans son monde ? Qu'elle essaie, du moins ? A priori, les mots qu'elle avait naturellement formulés s'inscrivaient dans la deuxième option. Peut-être n'était-ce pas la solution, mais Siam ne voyait que faire d'autre, pour comprendre une noyée, que de se noyer avec elle - ne serait-ce que par la pensée.

    Dans un mouvement de foule, un élève bouscula la Serdaigle. Instinctivement, Siam la retint par le bras, de peur qu'elle s'écroule, et l'attira près du mur. A l'abris du flux effréné du couloir. Près d'une statue d'acier protectrice. Dans un souffle presque inaudible, elle questionna : « Où es-tu ? Où sommes-nous ? » Etait-ce une maladroite façon que de s'intéresser au désordre sensoriel de quelqu'un que de lui faire croire qu'un monde factice était réel ? Que l'on pouvait mêler hallucination et réalité dans un même jeu ?

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