Le croquemitaine shootait ♣ Ft; Astrid & Madeleine

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Le croquemitaine shootait ♣ Ft; Astrid & Madeleine

Message par Invité le Lun 24 Oct - 22:47



Le croquemitaine shootait
© code : Never-Utopia ♣ rp : Astrid & Madeleine


Une seule pilule blanche et tu glisses dans le pays des merveilles, c’est ce que l’on te dit. Tu crois que tu parts pour toujours, échappant à la morne réalité pour toujours. Cependant ceci n’est qu’un mensonge, ce n’est que pour un temps. Quand le sable a terminé de s’écouler on retourne dans la réalité. Dans le monde véritable, dans ce que les personnes appellent la vie. Cela me détruit si je m’enfonce trop dans le monde. Pourtant les plaisirs que ce monde apporte sont agréables. Mais je n’ai pas le droit. Mon corps ne le supporterait pas, cela me ferait mal, cela me détruirait. Je ne veux pas que mon corps soit détruit, je veux mourir, mais pas dans la douleur. Alors ce n’est qu’une pilule blanche, qu’un seul passe. Et j’en avais usé aujourd’hui. C’était un après-midi, je m’ennuyais, alors j’ai plongé dans le monde pour passer le temps. J’ai vu de grands esprits d’un blanc laiteux et froid comme la mort. Ils avaient de charmants sourires. Légèrement bleuté, ils contrastaient dans ce monde en noir et blanc. Je me suis sentie délicieusement mourir. Cependant maintenant je suis de retour ici, dans ce qu’on appelle la réalité ou bien la vie. Mes doigts font rouler la pilule blanche. Elle me tente, elle est à porté de doigts. Et pour peu, elle est entre mes doigts. L’avaler.

Bim, bam, boum… La voilà tomber. Un léger rrrrrrrrroulement. La voilà sous mon lit.

Je me relève, regarde avec désespoir la pilule tomber. Je n’ose pas trop me pencher, car il pourrait me voir. Je ne veux pas qu’il pose son regard sur moi. Un rire remplit de malices glisse à mes oreilles. Peut être n’est-ce que mon imagination, mais cela me suffit à me faire rentrer prestement dans mon lit. Je remonte la couverture. Je regarde à droite et à gauche. Un courant d’air frais remonte sur mes jambes nues. Un cri se meurt dans ma gorge. Voyons Madeleine, comment pouvez-vous venir encore dans le lit de votre mère à quinze ans ? La croyance dans le croquemitaine est infondée. La voix de ma grand-mère résonne dans ma tête. On ne devrait pas avoir du croquemitaine quand on a dix-neuf ans. Des violeurs très certainement. De la mort. De finir sa vie dans un couvent. De se faire rejeter. De ne pas avoir d’ami. De finir à la rue. De perdre père et mère. De foirer son année. De se faire humilier. De devoir se prostituer. De voir que votre petit ami couche avec votre meilleure amie. De se faire trahir. Des bestioles grouillantes, ou encore gluantes. Du feu peut être. Ou encore même des moldus. On a le droit d’avoir peur de tout cela, mais des croquemitaines c’est interdit. Ils n’existent pas, alors on n’a pas le droit.

Une lumière. Elle est là tel un phare un guide les bateau en perdition dans la tempête. Toutes les nuits elle est là. Machinalement mon doigt se met à faire des ronds. Mes dents blanches torturent ma lèvre inférieure en la mordillant furieusement. Suivre la lumière, c’est ce que l’on doit faire quand on est mort. Mais est-ce c’est ce que je dois faire quand je suis plongée dans le noir à la merci des monstres ? Des croquemitaines qui n’attendent que le moment où je poserai mes pieds sur le sol glacial pour sortir leur main griffue et me saisir la cheville avec vitesse pour m’entrainer dans son antre ténébreuse. Un rire se fait de nouveau entendre. N’était-ce pas là des yeux d’un quelconque lutin maléfique que je viens d’entrapercevoir à travers les rideaux ? Ce ne sont pas là le regard railleur d’un lutin de cournouaille, mais celui d’un prédateur. Me cacher sous mes droits ne servira plus à rien, il faut que je m’enfuis et vite. Il faut que je quitte ce bateau qui menace de couler d’un moment à l’autre.

D’un geste brusque, je renvois les draps loin de moi. Le souffle froid m’enveloppe, mais ce n’est pas celui de la mort, ni l’apparition de mon don. A vrai dire, je ne sais trop si l’apparition d’esprit s’accompagne d’une chute de la température, on m’a toujours refusé de m’indiquer comment on savait qu’on pouvait parler avec les morts. Quand cela arrivera, tu le seras. Voilà bien la seule chose qu’on me concède à me dire. Bande d’imbéciles. Mais là n’est pas le moment de philosopher à ce sujet. Je dois m’enfuir. Loin des montres qui m’observent avec leurs petits yeux vicieux. Je déteste ce moment, je dois me lever à moitié, prendre appuie sur mes deux jambes et pousser de toutes mes forces, surgissant à travers les rideaux tel un diable qui sort de sa boîte. J’atterrie à quelques mètres de mon lit. J’ai pris l’habitude de sauter de mon lit de plus en plus loin. Je pousse sur mes pieds, un pas, deux pas, trois pas et hop je saute sur le lit d’Astrid. Pour une fois je ne l’écrase pas. Une douce lumière beigne son adorable visage et chasse les monstres. Je secoue doucement la jolie rousse, je veux qu’elle me laisse une petite place, en plus j’ai froid.

« - Astriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiid. Laisse-moi une place. Le croquemitaine m’a piqué ma cam. Et y a rien de pire qu’un croqumitaine shouté sous son lit. »

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Re: Le croquemitaine shootait ♣ Ft; Astrid & Madeleine

Message par Invité le Lun 31 Oct - 17:41

La nuit était tombée. Avec elle, son lot d’incertitudes et de peurs. Plus de peur qu’autre chose, en ce qui concernait Astrid. Depuis la fenêtre de la tour partagée par les rouges et bleus, on pouvait voir la brume s’amasser, comme pour prendre d’assaut les collines entourant le château. Bon, en vérité, ça n’était jamais que deux poils de brouillard, mais l’obscurité s’était ajoutée à l’ensemble, si bien que les vieilles craintes d’Astrid s’étaient quelque peu réveillées, s’agitant au fond de son esprit. Des peurs irrationnelles, remontant à une enfance dont elle ne se souvenait pas. Quel qu’ait été le croque-mitaine qu’elle avait pu rencontrer à l’âge de trois ans, il lui avait manifestement fait une très forte impression.

Les premières soirées à Poudlard avaient été plutôt terrifiantes – et humiliantes. D’une maison, certes grande, mais surpeuplée, la petite fille avait été transportée dans un château. Immense. Et vous n’imaginez pas tout ce qu’un château comporte en termes de recoins sombres propices à éveiller l’imagination. Vous n’imaginez pas non plus, sauf si votre mémoire est excellente, combien des enfants peuvent se moquer des autres quand ils découvrent que ces derniers ont peur du noir.
Mais Astrid n’avait pas eu à souffrir longtemps. Après s’être endormie de force, tant guetter les monstres du placard l’épuisait, et s’être réveillée crispée pendant trois jours, elle avait fait appel aux dons de ses aînés. Et par là, je veux dire qu’elle avait houspillé ses cousins tant et si bien qu’ils avaient fini par accéder à son souhait. Une veilleuse. Une jolie boule de lumière magique qui flottait au-dessus de sa table de chevet, pas suffisamment gênante pour que les autres Serdaigles en soient incommodées, mais suffisamment lumineuse pour qu’Astrid elle-même puisse apercevoir sa baguette, posée dessous. L’essentiel étant d’avoir un point de lumière auquel se raccrocher, même si elle mit longtemps à lui faire confiance.

Aujourd’hui, Astrid avait dix-neuf ans, toutes ses dents (et mêmes certaines dents de lait de London, qu’elle avait récupérées pour lui lancer des malédictions, mais shut), et comme une idiote, elle continuait d’avoir peur du noir. Elle avait cependant appris à cacher un peu mieux les signes de sa panique et à se rassurer comme elle le pouvait. Parfois, elle éteignait même la veilleuse. Cette warrior.
Malheureusement, d’autres n’étaient pas aussi courageuses. (nan, je blague. Pas taper !) Et la pauvre Madeleine faisait elle aussi les frais du rythme infernal jour-nuit-jour-nuit, même si elle avait carrément plus peur du monstre sous son lit que du noir en lui-même, contrairement à Astrid.

Cette nuit-là, la rouquine roupillait tranquillement, chevauchant en rêve des poneys couleur arc-en-ciel et cueillant des marguerites magiques qui parlaient presque autant qu’elle. A vrai dire, elle en était à l’exact moment où elle devait expliquer à une Opium curieusement rose comment fabriquer la barbe à papa à l’hydromel – si vous voulez mon avis, vu le talent d’Astrid en cuisine, ladite Opium rose aurait tout intérêt à oublier cette recette – quand une masse s’effondra sur elle et la secoua.
« Astriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiid, » commença la voix de la chose.

« Grrrrmmmm, » répondit une Serdaigle endormie en se tournant de l’autre côté, entortillant de plus belle sa couette autour d’elle. Elle aurait voulu répondre un clair je veux dormir, laisse-moi tranquille, mais le sommeil aidant, la phrase se transforma en un second grognement digne d’un ours des cavernes. Si la chose s’était tue, Astrid se serait rendormie illico presto, et on en serait resté là. Mais Madeleine refusait manifestement de se la fermer, et continua de secouer l’innocente.

« Laisse-moi une place. Le croquemitaine m’a piqué ma cam. Et y a rien de pire qu’un croquemitaine shouté sous son lit. » Astrid ouvrit un œil, à défaut des deux. Mais qu’est-ce qu’elle bavait encore ? Tentant lamentablement de se redresser, elle réussit à effectuer un vague demi-tour pour se retrouver face à son bourreau, alors que son cerveau mal éveillé cherchait à comprendre.
« Queuwa ? » marmonna-t-elle, plus fort qu’elle ne l’aurait voulu. « Tu racontes n’importe quoi, retourne dormir. Il te faut une lampe ? »

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