Star-crossed ... Writers ϟ Robin & Jules

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Star-crossed ... Writers ϟ Robin & Jules

Message par Invité le Dim 15 Juin - 16:19

Robin Baxter & Jules O'Connor
These violent delights have violent ends

Informations générales
ϟ Participants: Robin & Jules
ϟ Période du Rp: Octobre
ϟ Intrigue/évènement en cours: None
ϟ Statut du sujet: Privé
ϟ Divers: Va y avoir du sang et des larmes

Autorisations
ϟ Dé de Poudlard: Oui
ϟ Dé de Réputation: Oui





Je n’avais pas dormi de la nuit. Me tournant et me retournant dans mon lit, j’attendais le lendemain comme on attendait le moment où l’on montait à l’échafaud. Je n’étais pas prête pour cela, pas plus sans doute que mon mystérieux « Roméo ». Depuis que j’avais mis la main sur les lettres qu’il m’avait envoyées, je n’avais eu de cesse de me demander qui il était et, le plus inquiétant : était-il réellement un garçon pour lequel j’avais fini par craquer, ou n’était-il qu’une victime de plus de la cruauté de celle que j’étais alors ? C’était dans un moment de courage que j’avais résolu de prendre une plume pour lui écrire, sans savoir ce que je trouverais de l’autre côté. Mais s’il s’agissait réellement de celui que j’aimais à l’époque, quelque chose me disait qu’il pourrait m’aider. Je m’étais attendue à tout, notamment à une lettre de reproches, me demandant pourquoi devenir après tout ce temps. Mais cette tendresse, cette affection s’échappant de chaque lettre, de chaque caractère m’avait bouleversée et je n’avais pu contenir cet interrogatoire masqué plus longtemps. Il était temps d’en finir et de savoir ce que j’avais fait. S’il était bien l’élu de mon coeur à l’époque, le fait de pouvoir le voir pouvait ranimer quelque souvenir. Et s’il se trouvait qu’il n’était qu’une victime de plus, il fallait que je mette fin à cette torture immédiatement, sans quoi il me serait impossible de me regarder dans une glace. Je ne pouvais décemment entretenir cette mascarade, si c’en était bel et bien une. Et l’inquiétude me rongeait le coeur. J’avais mal pour cette personne qui attendait, sans doute avec impatience de savoir ce qui allait se passer. Sa réaction en me voyant m’en dirait long sur ce qu’il pensait de moi et me ferait pencher pour l’une ou l’autre des solutions. J’avais malheureusement cet effet sur pas mal de personnes. Pourquoi me torturer de la sorte ? Ce n’était pas la première fois que j’allais faire face à un fantôme du passé. Et pourtant, celui-ci m’inquiétait. Tout serait fini dans quelques heures.

Ce fut donc avec une mine affreuse que j’attaquais ma journée, reprenant un peu de couleur aux alentours de midi, pour les perdre de nouveau progressivement, surtout pendant ma dernière heure de cours, qui se déroulait effectivement en salle d’arts. Je ne parvenais pas à me calmer et à me concentrer. Les manches de ma chemise étaient fort heureusement remontées sur mes avant-bras, ce qui leur évita de finir complètement difformes. Mon « oeuvre » du jour n’eut pas ce plaisir et, quand la cloche sonna pour annoncer la fin du cours, je ne pus que secouer la tête en soupirant. Ce portrait de mémoire de Callie était une abomination sans nom, qu’il faudrait surtout qu’elle ne voit jamais. J’envisageais cependant d’aller la voir après cette nouvelle expérience, et je pouvais tout aussi bien le lui apporter pour témoigner de mon état de nervosité. Je ne parvenais pas à le prendre avec le même détachement que pour d’autres, parce que celui-ci était différent. Il pouvait avoir eu une importance particulière pour moi à l’époque et, si ce n’était pas le cas … ce que je lui avais fait subir était pire que tout le reste (oui, même pire que de glisser de la drogue dans le verre de cette pimbêche d’Hornes qui se croyait, de toutes les manières, mieux que la plupart des personnes vivant sur cette Terre - je ne supportais pas les regards qu’elle continuait à me lancer à la dérobée, même après que je lui aie présenté mes excuses). Jouer avec les sentiments de quelqu’un était impardonnable, surtout en considérant ses réponses. Il devait vraiment être tombé amoureux de cette Juliette, et … et il fallait vraiment que je tente de m’apaiser un minimum si je devais survivre à notre entrevue. Les étudiants quittaient peu à peu la salle et je demandais brièvement au professeur s’il m’était possible de rester, promettant de refermer derrière moi et de lui restituer la clef au dîner. Ma piètre performance du jour eut l’air de le convaincre de m’accorder quelques instants de plus puisqu’il vida les lieux également, me laissant seule face à moi-même, à cette toile horrible et à ce qui allait arriver.

Mettant la toile de côté, j’en sortis une autre et repris le pinceau et les couleurs. Fermant les yeux quelques instants, je comptais qu’il allait lui falloir un peu de temps, s’il n’était pas un habitué de la salle, voire qu’il n’était pas dans ce bâtiment. Le temps de poser mon pinceau sur l’espace vierge et de laisser libre cours à ma nervosité dans un ensemble de traits absolument désorganisés, plus une expression de mon stress qu’une réelle idée, abstraite ou concrète. Peut-être ne viendrait-il pas ? Dans ce cas, je pourrais peut-être considérer que l’affaire était close et … non. Je n’étais pas une lâche. Un blason rouge et or ornait désormais mon uniforme et je n’avais pas le droit de flancher, de renoncer. Il me faudrait aller jusqu’au bout, quoi qu’il advienne.

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Re: Star-crossed ... Writers ϟ Robin & Jules

Message par Invité le Lun 16 Juin - 2:46


Retrouvons-nous après les cours demain dans la salle des arts, au premier étage de l'Université, elle sera libre. Les mains de Robin était crispées sur le papier au fond de sa poche. Il se repassait en boucle cette phrase en particulier, issu de la lettre qu’il avait reçu la veille. Quand il l’avait lue, au premier coup, il n’avait pas réalisé. Le second coup, son cœur lui avait fait un sale tour, du genre de battre comme un couillon dans tous les sens. Ses paumes étaient devenues moites, sa gorge sèche et son ventre s’était tordu. Vomitif pour certains, adorable pour d’autres et quoi qu’il en soit, Robin, ce romantique invétéré, ne pouvait contrôler ce genre de réaction. Il avait attendu ça plus d’un an. Depuis la première lettre de cette « Juliette ». Elle l’avait conquis et bien sûr qu’il mourrait d’envie de la rencontrer mais cet amoureux de l’amour avait trouvé tellement fabuleux cette relation purement platonique, épistolaire et pourtant si pure. C’était le rêve pour ce garçon, qui, d’un premier abord était pourtant un petit râleur, chiant, capricieux, grognon, grossier, blagueur, mais qui était en fait sensible, obsédé par l’idée même  de l’amour et terrifié d’être abandonné ou jugé. Il était tombé amoureux de mots, c’était bien de cela qu’il s’agissait.

Et puis, elle avait disparu. Volatilisée. Elle l’avait oublié. Robin avait envoyé une dernière lettre mais rien et il s’était dit que tout n’était que trop beau pour être vrai. Elle s’était lassée de lui parce qu’il n’avait pas assez insisté. Il le savait, il aurait dû prendre les devants, forcer cette rencontre mais il était trop flatté par ses mots qui lui disaient combien elle admirait qu’il soit différent des autres. Bordel, il s’était senti trahi quand tout avait cessé du jour au lendemain. Un an. Pourtant, il y avait eu cette lettre, quelques jours auparavant. Cette lettre qu’il avait même prise pour un canular au premier abord. Impossible. Mais si, c’était bien elle. Et quelle drôle de lettre. Elle lui demandait pourquoi il l’avait oublié, s’il s’était lassé, ce qu’elle avait pu lui faire… ? Bref, en somme, tout ce qui l’avait rendu malade, lui. Ses questions, à lui. Après la surprise, il y avait eu la tristesse. S’était-on joué de lui ? C’était un véritable abandon auquel il avait dû faire face. Surtout qu’il avait gardé le secret et bonjour la surprise de Keith quand il lui était tombé dans les bras en pleurant, lui déballant d’un coup l’affaire des lettres, de la romance et de l’arrêt brutal. Ses doutes, ses craintes, son malheur. Mais un an avait passé et heureusement cela s’était tempéré, amoindri jusqu’à ce qu’il cesse d’y penser tous les jours. Donc, en dernier lieu, il avait éprouvé une joie sans borne. Même s’il ne comprenait absolument pas l’étrange comportement de sa correspondante, elle lui avait appris qu’il n’y était pour rien.

Voilà pourquoi, cet après-midi, il avait encore de l’espoir. Elle avait promis de tout lui expliquer, parlait de leur romance… Peut-être que malgré qu’elle prétende ne pas comprendre, il pouvait sauver les choses. Mais pour l’heure, assis en métamorphose à coté de Cana, il se triturait le cerveau. Comment, en un an, pouvait-on zapper le sentiment délicieux que procure l’amour ? Les sentiments qu’on met dans un baiser ou, ici, une lettre ? Rien de tout ce qu’elle avait dit à ce propos n’avait de sens, peu importe comment il retournait la situation. Aussi, quand, pour la centième fois de la journée, il cherchait trop loin, il revenait à se dire que c’était sa faute et il se torturait plus encore. Heureusement, dix-minutes plus tard, le dernier cours de l’après-midi s’achevait. Le début de la soirée commencerait et donc il serait enfin délivré. Sa main caressa encore le bout de parchemin usé jusqu'à la corde. Et puis la sonnerie retentit et Robin se rua hors de la salle sans se retourner. Il ne répondit même pas à Cana qui lui demandait probablement où il est allait. Sa meilleure amie pourtant. Une des rares à connaître le Robin de sentiments et de fissures qui se cachait sous le garnement taillé dans la pierre. C’était la deuxième fois que Juliette était impliquée dans sa vie sentimentale et qu’il ne disait rien à la seule jeune femme qui comptait pour lui depuis chaque minuscule instant partagés. Même lors de son crash… Keith l’avait réparé seul. Cana était toujours trop protectrice quand il s’agissait de ses histoires d’amour et il avait besoin de régler ça seul. Pour la seconde fois. Il se sentit coupable de la planter là et se promit de lui expliquer dès le soir même, dans leur salle commune. Mais pour le moment, tout ce qu’il voulait c’était d’être à l’heure à son rendez-vous et voilà pourquoi il courrait comme un idiot vers la fameuse salle du premier étage.

Il l’atteint trop vite à son gout et pourtant, les élèves l’avaient déjà quittée. Son cœur battait si fort du stress, de l’appréhension et de la course qu’il en avait mal. Ses mains tremblaient. Il n’allait tout simplement pas y arriver. Il se laissa tomber contre la paroi de pierre et sortit son paquet de cigarettes. Il fallait au moins ça pour calmer ses putain de nerfs. C’était même plus son réflexe habituel, c’était nécessaire. Mais elle aussi, elle se consuma trop vite. Il trouva pourtant le bon sens d’ensorceler un bout de papier sur lequel il griffonna « Juliette, Salle des arts, c’est maintenant. » et qu’il laissa s’envoler jusqu’à son destinataire. Keith. Qui saurait quoi faire. A coté de ça, le brun eut tout de même le temps de se poser un millier de questions angoissantes : et si elle était déçue ? S’il ne lui plaisait ? Si elle lui en voulait, en fin de compte ?... Et il était temps d’apporter les réponses à ses questions. Temps de prendre son courage à deux mains et de ne pas faire le foutu Serpentard. Robin recracha sa dernière bouffée de nicotine, regretta sa clope (imaginer un premier baiser après une cigarette, franchement), il se maudit… Puis il posa la main sur la poignée de porte en face de lui et l’ouvrit enfin. Il était fébrile mais conquérant, son cœur battait avec frénésie mais détermination et sa gorge était nouée. Un dos lui apparut soudain. De longs cheveux bruns sur une silhouette fine qui était affairée sur une toile au dessin anarchique. Le vert et argent éluda tout le reste. Il ne put s’empêcher d’inspirer un peu bruyamment après que son souffle se soit bloqué, lui ait manqué. Cet infime son suffit à la faire se retourner.

Un plomb lui tomba sur les entrailles. Les perforant sous le choc. Jules O’Connor, la garce avec qui il avait partagé sa salle commune pendant des années, le dévisageait avec surprise. Les mots lui échappèrent, propre au Robin grossier et capable d’irriter les plus coriaces, parce qu’il était choqué, surpris… « Tiens mais qui voilà. Madame la connasse de service ! » Oué, il n’oublierait jamais comme elle était monstrueuse. Il referma la porte et s’avança, agacé, frustré. « Mais qu’est-ce que tu fous là ? » Grogna-t-il, de mauvaise humeur. Parce qu’il était déçu. Juliette n’était pas venue. Et si elle venait, cette fille allait tout gâcher. Cette fille qui était monstrueuse, oui. Monstrueuse avant qu’elle ne se casse de leur maison parce qu’elle avait disparu de la circulation pour ses conneries et se retrouve chez les Gryffondors. Depuis, elle avait changé, complètement et ne jouait plus à ses petits jeux de… Robin sentit un autre plomb lui tomber sur l’estomac. S’il se souvenait bien, y’en avaient des ragots qui circulaient sur son compte. Comme une histoire d’amnésie à laquelle tout le monde ne croyait pas. D’amnésie. Robin devait avoir l’air stupide, debout au milieu des chevalets, silencieux, la bouche légèrement entrouverte. On aurait dit qu’on lui avait mis une gifle violente. Ou qu’il allait dégueuler. Cette fille… Non… « Non, pitié, pas ça. Dites-moi que j’rêve… » Sa voix était  tremblante, presque brisée. Son regard plongea dans celui de la jeune femme qu’il observait sous toutes les coutures depuis son entrée. C'était douloureux de comprendre. Toujours.

Il se demanda quelle étrange sensation il éprouvait, à côté de la nausée. Jusqu’à ce qu’il comprenne… C’était son cœur. Son cœur allait imploser.

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Re: Star-crossed ... Writers ϟ Robin & Jules

Message par Invité le Lun 16 Juin - 21:51

Je n’en pouvais plus. Les couleurs se mélangeaient sur la toile, les traits étaient violents, et je m’étais sans doute mis de la peinture partout. Plus le temps passait, plus ma nervosité augmentait. Egoïstement, j’attendais énormément de cette rencontre. Je voulais vraiment y croire, me dire qu’à l’instant où je le verrai, je saurais que c’était lui, que j’avais effectivement été amoureuse de lui et que mes souvenirs me reviendraient. C’était terrible, depuis ma discussion avec Alcide et la soirée mondaine avec Bart, je n’attendais que ça. Essayer de retrouver un fragment de ce que j’étais. Les Médicomages diraient sans doute que j’avais eu le temps de cicatriser et que c’était un processus tout à fait naturel. Mais c’était insupportable. J’avais l’impression d’être piégée dans une pièce sombre, perdue et seule dans le noir le plus total, à entendre des pas de l’autre côté de la porte, attendre, le coeur battant qu’on ouvre et être déçue, à chaque fois. D’ailleurs, ce son me parvenait aux oreilles. Commençais-je à avoir des hallucinations ? La porte grinçant sur ses gonds m’informa que ce n’était pas mon imagination qui me jouait des tours, mais bel et bien quelqu’un qui entrait dans la pièce. Le moment de vérité était venu. Je voulais me reprendre, fermer les yeux, inspirer et me composer un visage agréable … peine perdue. Mes mains tremblaient tellement que le pinceau m’échappa, barbouillant au passage mes mains et la chemise de mon uniforme. Etouffant un soupir, je tentai de limiter les dégâts afin de me présenter sous mon meilleur jour quand …

Tiens mais qui voilà. Madame la connasse de service ! Un frisson glacé me parcourut l’échine. Je n’étais pas en mesure de reconnaître de la voix, que je n’avais pas du entendre souvent depuis que j’étais revenue à moi, mais les mots m’avaient atteinte en plein coeur. Je tressaillis et en oubliai mon pinceau qui pouvait bien moucheter le sol à loisir. L’insulte qu’on venait de me faire venait de balayer tous mes espoirs. Je doutais que quiconque, en-dehors dudit « Roméo », puisse se trouver là à cette heure-ci. Je priais, cette fois, pour n’avoir jamais eu finalement aucun sentiment pour cette personne. Et quand je finis par relever les yeux vers lui …Mais qu’est-ce que tu fous là ? Je ne parvins pas à répondre. Non, il ne me disait rien, romantiquement parlant en tous cas. Mais je savais qui il était. Robin Baxter, Serpentard, meilleur ami de Keith. Donc, de façon toute logique, effectivement l’une de mes victimes potentielles de l’école. La vague de culpabilité qui aurait du déferler sur moi était bloquée par le regard qui m’avait épinglée à mon siège. Je n’eus pas besoin de répondre. Il comprit suffisamment rapidement. Et sa réaction m’acheva. Non, pitié, pas ça. Dites-moi que j’rêve… Visiblement, il s’agirait plutôt d’un cauchemar, fut tout ce que je trouvai à répondre. Son regard était une torture. Je m’en voulais, bien évidemment, mais c’était surtout … non, c’était stupide. Personne n’avait pu m’aimer à l’époque, c’était maintenant une certitude. Tout ce que pourraient dire Romy, ou Bart ne comptait pas. Tout ce que je pouvais inspirer, et que j’inspirais vraisemblablement toujours, était du mépris, de la haine et de la méfiance. Et cela faisait mal. Je m’en voulais, de m’être laissée aller à la douce illusion que tout pourrait avoir un dénouement heureux. Je ne vivais pas dans un conte de fées, personne, d’ailleurs. Mais ça faisait toujours aussi mal de s’en rendre compte. Je supposais donc qu’il me fallait endosser le costume de la méchante qui allait une fois de plus subir les foudres d’une de ses victimes.

Je finis par me lever, ce qui ne fut pas aisé étant donné que mes jambes tremblaient autant que mes mains. Je croisai celles-ci dans mon dos, faisant un pas vers le jeune homme, guère plus. Je suppose que finalement, tu n’as pas besoin d’explication. Et que je possède mes réponses. J’avais la gorge nouée, mais il me fallait maintenant continuer, soutenir son regard déçu, triste, empli de dégoût sans le moindre doute. Les lettres se sont arrêtées à cause de mon accident, et n’ont pas repris à cause de mon amnésie. Je ne savais que penser de tes lettres, me demandant si j’étais vraiment tombée amoureuse, et si cela était réciproque. J’aurais du savoir qu’il ne s’agissait que d’un nouveau tour à ma façon. Je n’aurais jamais du renvoyer une lettre. Il serait resté avec un souvenir intact de cette correspondance. Devais-je vraiment lui dire que nous ne savions après tout, ni lui ni moi, si ce n’était pas le cas ? Je ne souhaitais pas particulièrement me faire insulter plus en avant, j’en avais suffisamment entendu pour ce jour. La vérité n’était pas forcément toujours bonne à entendre, j’en avais maintenant la certitude. Je suis désolée, Robin. J’en aurais pleuré, en réalité. Mais, en tant que personne à blâmer de l’histoire, je n’avais sans doute aucunement le droit de flancher. J’attendrais …

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Re: Star-crossed ... Writers ϟ Robin & Jules

Message par Invité le Mar 17 Juin - 14:43




Ce que ça faisait mal, merde, ça faisait trop mal. D’un coup, Robin avait l’impression que tout s’écroulait autour de lui. En venant ici, pour commencer, il s’était imaginé milles et une histoires. Depuis que leurs lettres s’échangeaient en fait. Pour lui, c’était le schéma parfait de la plus belle des histoires d’amour. Ils se savaient déjà fous l’un de l’autre et cette rencontre n’aurait que dû concrétiser cet amour. Au lieu de ça, ses rêves magiques de romantisme et d’histoire sincère et forte venaient de voler en éclat pour mieux lui foutre la désillusion cruelle sous le nez. Robin sentit ses poings se serrer douloureusement et machinalement. Au moins, ils ne tremblaient pas. Pas trop. Vraiment, ça faisait presque aussi mal que ce jour là où Roksana avait réduit leur belle histoire à un tas de cendre sans rien dire. Cette fille, il l’avait aimé à en crever. La bonne personne. Qui s’était cassée sans rien expliquer, le faisant mourir de cet abandon à petit feu. Et aujourd’hui, l’autre personne qu’il avait cru son idéal le rejetait.  Oué, il avait trop mal. Sa respiration commençait à se saccader violemment. Plus de rêve. Plutôt un cauchemar comme elle le fit remarquer. La boule au ventre, il baissa les yeux. C’était trop dur.

Pourtant, il y avait pire que ce rêve brisé. Au-delà de l’histoire d’amour oubliée. Au-delà de l’abandon. Il y avait l’immonde trahison. Il s’agissait de Jules O’Connor après tout. Robin croyait être sur le point de vomir en l’imaginant prendre un plaisir fourbe à écrire toutes ces lettres pour se jouer de lui. La garce dans son plus beau numéro. C’était tellement facile de manipuler les sentiments d’un type au cœur si malléable. Sa voix s’éleva du silence. « Je suppose que finalement, tu n’as pas besoin d’explication. Et que je possède mes réponses. » Il releva les yeux vers elle, son regard chargé de ce mal être grandissant. Il n’y avait que du mépris pour elle. « Tu n’es qu’un monstre, » souffla-t-il mais sa voix tremblait tellement…  Il avait l’impression que sa tête aller exploser. Il ne voulait plus rien entendre d’elle, mais elle ne lui épargna rien. « Les lettres se sont arrêtées à cause de mon accident, et n’ont pas repris à cause de mon amnésie. Je ne savais que penser de tes lettres, me demandant si j’étais vraiment tombée amoureuse, et si cela était réciproque. » Robin chancela, comme si on l’avait giflé, encore. Comment osait-elle ? « Tu mens O’Connor ! Pas vrai ? On peut pas oublier des mots pareils… » tenta d’articuler Robin dans sa rage. Mais il savait qu’elle ne mentait pas. « Comment est-ce qu’on peut être aussi cruelle ? » Demanda-t-il, totalement impuissant. Son corps, tendu à l’extrême, se relâcha enfin, ses épaules s’affaissèrent. Cette simple idée le démonta pour de bon. C’était de la cruauté. Ses yeux le brulaient. Pure et dure. Il battit des cils, jetant la tête en arrière, calme toi. De la méchanceté gratuite. Trop tard, les larmes se mirent à rouler sur ses joues, bouillantes. « Je suis désolée, Robin. » C’était encore pire d’entendre ça. Robin se mordit le poing, il ne voulait pas sangloter. Pourtant, il était à  deux doigts de vaciller. « Et moi je te hais. » Il avait essayé de rester digne mais il était difficile de ne pas craquer. Pourtant, il voulait qu’elle sache. Il aurait voulu qu’elle souffre autant que lui. Et il voulait le voir là. « J’espère que tu t’es follement amusé ! » Il contrôlait ses pleurs aussi bien que possible, essayant de détacher ses mots. « Et si… et si j’écrivais à cet idiot de Baxter pour lui faire croire que je suis amoureuse de lui ! Oh oui, ça sera drole, il sera dévasté ! » Lança-t-il d’une voix aigüe, tranchante. Il ne supportait plus de la regarder et préféra lui tourner le dos. Robin traversa dans l’autre sens la forêt de chevalets et se laissa tomber contre le bureau du professeur. Il ramena ses genoux contre lui. C’était atroce comme douleur. Il cacha son visage pour mieux fondre en larme. Elle l’avait détruit. Et il allait devoir affronter ça, son regard, tous les jours. Il la détestait.


Dernière édition par Robin P. Baxter le Mer 18 Juin - 1:29, édité 1 fois

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Re: Star-crossed ... Writers ϟ Robin & Jules

Message par Invité le Mar 17 Juin - 16:00

Il le fallait. Laisser glisser les insultes sur moi comme si elles ne m’atteignaient pas, comme si je les avais méritées. J’y étais parvenue, non sans mal, pour la première d’entre elles. Tu n’es qu’un monstre. Non. Non, je n’étais pas « qu’un monstre ». Peut-être l’avais-je été. Sans doute, même, en voyant sa réaction, en voyant ce que j’avais causé. Non, pas de « elle », juste moi. Je ne me dédouanerais pas de ses actions, je ne l’avais pas fait auparavant, il n’était pas question que je le fasse maintenant même si, à mes yeux, je n’avais rien accompli de pire dans mon ancienne existence. Il venait de se mettre à pleurer. Ma gorge était serrée, mon coeur pris dans un étau qui le broyait lentement. J’étais partagée entre empathie pour sa peine et envie de le frapper pour ce qu’il était en train de me dire. Tu mens O’Connor ! Pas vrai ? On peut pas oublier des mots pareils… Et finalement, il me rendit la tâche plus facile en me traitant de menteuse, chose que je ne pouvais entendre. Pas après tout ce que j’avais vécu. Il pouvait m’insulter, me dire tout le mal qu’il pensait de moi, mais certainement pas me dire que je mentais quand je parlais de mon état. Comment est-ce qu’on peut être aussi cruelle ? Ca, c’était mérité. Le problème était que tout ce que je pouvais lui répondre était que je n’en savais rien ce qui, d’une part, ne l’aiderait pas, et d’autre part, le conduirait sans doute à continuer de me dire que je me moquais de lui. Il n’y avait pas d’issue à cette situation. Et moi je te hais. On était bien loin de la scène romantique que j’avais osé espérer. Je baissais les yeux, incapable de le regarder pleurer et surtout, peu certaine de parvenir à rester de marbre, à rester le punching ball qu’il voulait que je sois.

J’espère que tu t’es follement amusé ! Que dire ? L’ancienne moi, sans le moindre doute. Et si… et si j’écrivais à cet idiot de Baxter pour lui faire croire que je suis amoureuse de lui ! Oh oui, ça sera drôle, il sera dévasté ! Je sentis mes yeux me brûler et le laissai passer, fixant le mur. C’était exactement ce que j’avais du penser à l’époque. Qu’il était une proie facile et que ce serait follement amusant de le faire tourner en bourrique. Cela se serait sans doute fini par une « rencontre » avec témoins pour assister à son humiliation, à l’image de ce que j’avais fait subir à Felipe. En plus cruel à cause des sentiments de Robin. Je suis désolée, fut tout ce que je parvins à articuler. Sans doute aurait-il mieux valu que je parte sur le champ, que je me préserve des autres attaques qui ne manqueraient pas de suivre. Que j’aille m’effondrer quelque part, pleurer un bon coup sur cette superbe chimère après laquelle j’avais couru quelques jours. Quelqu’un, amoureux de moi … moi, amoureuse de quelqu’un. Une drôle d’idée que j’avais eue là. Du revers du poignet, m’étalant au passage de la peinture sur la joue, j’essuyai les larmes qui avaient commencé à couler pour me tourner vers lui ou tout du moins, l’endroit où il se trouvait actuellement, ne l’ayant pas en visuel. Ce qui était sans doute mieux, pour lui comme pour moi. Je le suis. Vraiment. J’aurais voulu lui parler de l’espoir que cela avait représenté pour moi, mais je n’en avais pas le droit. Le rôle de la méchante m’allait visiblement comme un gant. Je n’aurais jamais dû t’écrire à nouveau. C’était une erreur. Ca, c’était une certitude. Je me serais sans doute torturé de mon côté, mais lui n’aurait pas eu à subir ça. Et moi non plus, en réalité. Mieux valait sans doute ne pas savoir, parfois. Je ne me souviens vraiment pas, Robin. Sinon, je serais en train de savourer la situation. Je me moquerais de toi, peut-être aurais-je même invité des gens à regarder … mais ce n’est pas le cas. Ca ne valait sans doute pas grand-chose, surtout pas s’il pensait que j’étais effectivement un monstre. Un monstre. Un frisson glacé me parcourut et je pris sur moi d’avancer. Je ne m’approchai pas vraiment. Je voulais juste … que voulais-je ? Qu’étais-je en état d’espérer, d’exiger ? Rien. Juste qu’il comprenne. Il ne voudrait jamais que je le console. Mais qu’il sache que je n’y étais pour rien. Enfin … si. Mais que c’était plus compliqué que cela. Je ne peux rien changer à ce qui s’est passé. Et j’en suis désolée. J’aimerais. Si seulement. Mais c’était bien trop tard. Pourquoi … pourquoi lui avais-je écrit ? J’aurai du savoir que rien de bon n’avait pu se passer, avant. Et visiblement, rien de bon ne risquait non plus d’arriver, maintenant.

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Re: Star-crossed ... Writers ϟ Robin & Jules

Message par Invité le Mer 18 Juin - 1:28


Robin s’en voulait de se mettre dans un tel état, mais c’était plus fort que lui. Il avait rêvé si grand. Il s’était encore monté sa petite histoire, sur son petit nuage. Il s’était juste saboté tout seul en définitive. Et maintenant, recroquevillé contre ce bureau, dans un état ridicule et pathétique, il n’arrivait pas à empêcher ce flot de larmes d’inonder son visage angélique. Il savait qu’il y avait des gens mauvais sur terre, sans doute à ce point, mais il était déjà incapable de se faire une carapace assez épaisse pour se préserver d’un innocent… alors quelqu’un qui avait des armes aussi diaboliques, c’était peine perdue. C’était pour ça qu’il ressemblait à un pauvre gamin misérable, effondré. Il se demandait comment il allait faire, en la croisant dans les couloirs, pour se rappeler qu’il n’était pas qu’un pauvre con qu’on pouvait piétiner sans vergogne. L’abruti romantique de service qui se fait marcher dessus, moquer. Elle s’excusa à nouveau, il aurait préféré être sourd.

Il ne savait même pas quoi penser de la fille qui se trouvait dans cette pièce. Si elle était sincère, elle était quand même celle qui avait voulu le blesser. Et si ça se trouve, elle pouvait encore se moquer de lui. La Jules qu’il avait connu était tellement vicieuse et ce qu’elle venait de faire (à retardement) était si immonde qu’il était presque prêt à croire que ce n’était encore qu’une stratégie pour rendre tout ça encore plus terrible. De toute façon, le chagrin l’aveuglait complètement. Pourtant, elle insista « Je le suis. Vraiment. » Un faible gémissement s’échappa des lèvres de Robin. Elle n’avait pas le droit d’avoir des sanglots dans la voix. Elle l’avait fait exprès. Elle l’avait voulu ! « Je n’aurais jamais dû t’écrire à nouveau. C’était une erreur. » Un hoquet s’étrangla à moitié dans sa gorge et il parvint à articuler un accusateur : « Tu n’aurais jamais… Jamais dû m’écrire ! Pas si t’avais un cœur O’Connor. » Il pensa au sien, de cœur, qui devait être à cette instant plus en bouillie que jamais… Il ne pouvait s’empêcher de lui marteler, innocente ou pas. De toute façon, elle ne le serait jamais qu’à moitié. Mais elle s’accrochait. Comme si… comme si elle était vraiment désolée. « Je ne me souviens vraiment pas, Robin. Sinon, je serais en train de savourer la situation. Je me moquerais de toi, peut-être aurais-je même invité des gens à regarder … mais ce n’est pas le cas. » C’était trop, encore. S’il ne sanglotait plus, il sentait les larmes continuer de couler en silence sur ses joues. Ce qu’elle lui disait faisait écho, et il ne put s’empêcher de se dire qu’une telle chose l’aurait tué. Surtout lui qui tenait à ne pas s’étaler et s’inquiétait du qu’en-dira-t-on. Mourir à petit feu était déjà difficile. Mais le faire en public… Et pourtant, elle avait raison… « Tu ne la savoures pas ? Parce qu’en admettant que tu aies changé, que tu ne jubiles pas intérieurement… Je doute que tu puisses regretter autant que moi… » Robin avait relevé la tête et essayait d’essuyer ses joues mais il n’arrivait pas à arrêter de pleurer, alors à quoi bon. Il réalisa qu’elle avait approché et il la fusilla du regard pour lui signifier clairement de ne pas en faire plus. Il ne le supporterait pas.

Le brun contempla douloureusement son visage lui aussi inondé de larmes. Elle était belle, cette fille. Il l’avait toujours pensé. Et cette apparence renfermait le diable. Ou ce qu’il en restait. Un court instant, il imagina ce que cela aurait été si elle avait été une autre que la fille tortionnaire. Ce même corps, qu’il aurait retrouvé ici, habité par la Juliette des lettres. Il se remit à pleurer plus fort avant de s’essuyer les joues violemment d’un revers de main. Il l’aurait embrassé. Ils auraient commencé quelque chose de beau. A la place elle l’avait anéanti. « Je t’aimais, tu sais. Quel con... J’étais vraiment tombé amoureux de la personne que tu m’as montrée. De ton invention de merde ! » Trancha-t-il brutalement, pour finir, avant de détourner le regard. Il aurait aimé un million de fois que ça n’arrive pas et il ne savait pas pourquoi il s’humiliait encore plus en lui avouant. Pourtant c’était vrai, il était tombé éperdument amoureux d’un bout de parchemin et de l’idée, du rêve qui  l’accompagnait. Quel regret. « Je ne peux rien changer à ce qui s’est passé. Et j’en suis désolée. J’aimerais. » Finit-elle par lâcher. Robin eut une petite exclamation de dédain incontrôlable. Il se sentait con, putain, mais con. « Et moi donc. C’était trop beau pour être vrai. Et puis, tu vois, je n’ai pas douté une seconde de ce qu’il s’était passé en te voyant. C’était forcément toi pour rendre ça trop vrai et trop parfait, pas vrai ? » Il poussa un soupir saccadé. Pleurer autant l’avait épuisé. D’ailleurs, il s’aperçut que les larmes se faisaient moindres, mais son cœur n’était pas moins douloureux. « En fin de compte, tu as bien fait. Au moins, plus besoin de rêver. » Il crispa sa main sur sa bouche. On aurait dit une rupture, il avait à nouveau envie de sangloter. Mais il entendit la porte grincer. Quelqu’un était entré à l’autre bout de la pièce. Jules avait menti, elle avait fait en sorte que son agonie soit publique…

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Re: Star-crossed ... Writers ϟ Robin & Jules

Message par Invité le Mer 18 Juin - 21:33

Quel joli tableau. Lui, la victime, prostrée contre le bureau, en larmes, le coeur brisé et moi, le bourreau, devant lui … pleurant également. Il y avait quelque chose d’étrange dans cette image, mais j’étais visiblement la seule à m’en soucier. Lui ne se privait pas pour en rajouter. Que voulait-il ? Que je finisse dans le même état que lui ? Sans le moindre doute. Tu n’aurais jamais… Jamais dû m’écrire ! Pas si t’avais un cœur O’Connor. Et pourtant, si je n’avais pas eu de coeur, jamais il n’aurait pu m’atteindre. Mais voilà j’étais là, accusant chaque coup, le plus silencieusement possible, sans me défendre avec véhémence, tentant, parfois, d’essayer de lui faire comprendre. Sans succès. Ses mots m’égratignaient chaque fois un peu plus. Pas de coeur. Avais-je échangé mes souvenirs pour cet organe ? Je ne savais pas si j’avais fait une très bonne affaire. Mais je n’aurais pas aimé me retrouver là, à rire de sa peine. En réalité, si, dans le passé … C’était compliqué, c’était beaucoup trop compliqué et je ne pouvais même pas le lui dire. Il n’arrêtait pas de sangloter et je ne pouvais rien y faire. Tout ce que je disais ne semblait qu’aggraver la situation. Je ne pouvais cependant me résoudre à murmurer un dernier « je suis désolée » et à partir comme ça, sans rien dire. Le laisser dans cet état n’était pas une option envisageable. Tu ne la savoures pas ? Parce qu’en admettant que tu aies changé, que tu ne jubiles pas intérieurement… Je doute que tu puisses regretter autant que moi… Arrête … Ca avait été une supplique. Les « si », je n’en pouvais plus, les gens pouvaient me blâmer pour le passer mais je refusais catégoriquement qu’ils mettent ce que je vivais en doute. Il me regardait, terriblement malheureux mais je ne pouvais pas le laisser penser des choses pareilles. Tu crois que je m’amuse ? Je donne l’impression d’aimer ça ?

J’en avais assez. J’avais mal, j’avais vraiment mal et il fallait que je batte en retraite avant que nous soyons tous les deux à terre, en train de nous noyer dans nos larmes. Il ne voulais pas m’écouter, malheureusement. Je t’aimais, tu sais. Quel con... J’étais vraiment tombé amoureux de la personne que tu m’as montrée. De ton invention de merde ! J’avais cru comprendre, mais l’entendre dire était autre chose. Surtout avec la pointe de jalousie qui venait de poindre, assez inattendue. Il avait aimé cette invention et me traitait de monstre. Qui savait si, à l’époque … Non, je ne voulais même pas y penser. Parce que si tel était vraiment le cas, si j’étais réellement tombée amoureuse de lui, voilà la manière dont il m’aurait traitée. Jamais il n’aurait écouté un seul de mes mots, il n’aurait fait que m’insulter. Alors peut-être était-ce mieux et plus facile de considérer que ce n’avait été qu’un jeu. Ce n’était pas plus cruel pour lui, c’était juste plus simple pour moi. Et ce n’était pas du luxe, étant donné qu’il ne faisait vraiment rien pour m’épargner. Et moi donc. C’était trop beau pour être vrai. Et puis, tu vois, je n’ai pas douté une seconde de ce qu’il s’était passé en te voyant. C’était forcément toi pour rendre ça trop vrai et trop parfait, pas vrai ? Je finis par baisser les yeux, trop concentrée sur le fait de ne pas sangloter pour pouvoir soutenir son regard. Il avait effectivement tiré toutes ces conclusions en me voyant. Comme n’importe qui. C’était tout ce que je pouvais inspirer. Méfiance. Crainte. Et haine. En fin de compte, tu as bien fait. Au moins, plus besoin de rêver. Je me mordis les lèvres, secouant la tête. Non, c’est sûr. Pour moi non plus. J’arrêterais au moins de rêver que quelqu’un, un jour, m’avait réellement aimée, et je pourrais retourner au reste. Continuer à assumer mes erreurs, jusqu’à ce que quelqu’un me dise que la dette avait été payée et que je pouvais peut-être recommencer à exister pour moi, pour celle que j’étais actuellement et non pour la peste que j’avais été un jour. Mais ce n’était pas pour tout de suite. Surtout que la porte de la salle venait de grincer. C’était un cours dans lequel on ne pouvait arriver en retard sans se faire remarquer, c’était une certitude. Pas de public, par pitié. Je n’avais pas la force de supporter qu’une personne de plus m’insulte. Et, dans le cas contraire, je ne souhaitais pas qui quiconque voit Robin dans cet état. Mâchoires serrées, avec le maquillage qui avait coulé, je me tournai vers la porte, prête à éconduire l’importun.

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Re: Star-crossed ... Writers ϟ Robin & Jules

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